Il y a erreur et erreur…

 

Cas

Dangers

Précautions suggérées …

Thèse ou doctrine globalement valable, mais comportant des erreurs accidentelles ou des exagérations portant sur des points secondaires. Inévitable.

Minimes.

Tenter, si on y parvient, d’effectuer les corrections.

Thèse ou doctrine comportant des pans de grande valeur et d’autres totalement erronés et inacceptables. Mais l’ensemble est sincère.

Exemples d’auteurs entrant dans cette catégorie : Charles Maurras,  Jacques Maritain, …

 

Enormes, et de deux sortes :

  • Entraîner dans l’erreur les lecteurs enthousiasmés par la pertinence des parties exactes. Cet enthousiasme atteint parfois à l’idolâtrie, d’autant plus pernicieuse qu’elle n’est pas identifiée comme telle. Plus grand est le talent de l’auteur et plus sincère il est, plus grand est le danger.
  • Les erreurs peuvent être utilisées pour diaboliser l’auteur et déclencher un phénomène d’emballement mimétique contre sa personne, amalgamée à l’ensemble de son œuvre. Le nom de l’auteur devient alors un instrument de guerre civile, l’objectif étant de décrédibiliser les thèses exactes.

La confrontation permanente aux principes de la Sagesse et de la liberté morale (recherche du plus grand bien) permettent de limiter le risque.

La prudence est de mise lors de l’utilisation d’un nom propre, dont on sait qu’il peut être utilisé comme une arme.

Eviter l’attachement exclusif à un journal ou à un éditorialiste – surtout s’il est de talent –, qui devient rapidement idolâtrique.

 

Thèse ou doctrine comportant une part plus ou moins importante de vérité mais aussi d’erreur, introduite intentionnellement. La vérité est alors au service de l’erreur. Ce peut être dans plusieurs buts possibles, principalement :

  • Décrédibiliser ce qu’il y a de bon en médiatisant l’erreur et amalgamant l’ensemble. Autrement dit, c’est la synthèse in vitro du cas « naturel » précédent ; l’utilisation en est la même.
  • Contester bruyamment, contrairement à l’évidence la plus grossière, la réalité d’un drame épouvantable. Parfois même, et c’est tant mieux, des benêts ajoutent leur voix à ce discours.   L’auteur, protégé, n’encourt guère de risques. Pourquoi faire cela ? demandera le candide. Réponse : empêcher toute analyse critique de la version officielle de certains événements, les analystes qui s’y livreraient seraient alors, par amalgame, instantanément désignés comme des fous criminels, à l’instar de ceux qui nient que …. Cette seconde phase de la manœuvre, i.e. l’utilisation de l’investissement précédent, peut porter sur  l’événement lui-même ou sur d’autres, qui n’ont aucun rapport avec lui, être immédiate ou différée. C’est ainsi qu’il est très dangereux de remettre en cause les contrevérités généreusement répandues sur   « l’affaire Galilée ». Même si des personnalités scientifiques aussi incontestables que le prix Nobel A. Koestler ont montré qu’il s’agissait bien d’une manipulation de réalité.
  • Tenter de « récupérer » et de conserver sous hypnose les lecteurs, qui, devant l’énormité de certaines manipulations, finissent par se poser des questions. La technique est ici symétrique de la précédente : on réaffirme au contraire bruyamment l’évidence impossible à nier, s’autodélivrant ainsi un brevet d’opposant déterminé. Mais, progressivement, la conclusion émerge : « il s’agit d’une dérive inacceptable » ( saperlipopette!) et il faut la soigner d’urgence avec une louche supplémentaire … du remède qui l’a provoquée (les « Lumières, Kant, Vatican II, …) Exemples d’auteurs concernés : Pierre-André Taguieff (« Résister au bougisme », …), Elisabeth Lévy (« Les maîtres censeurs », …) avec une mention spéciale pour le Cal Ratzinger et son « Esprit de la liturgie » (Cf. Le sel de la terre, numéros 43 et 45, articles intitulés : « Le cardinal Ratzinger, gardien de quelle foi ? »)
  • Entraîner le lecteur dans le doute et l’erreur en partant de l’orthodoxie. Exemple : L’encyclopédie de Diderot et d’Alembert avec ses renvois vers des notes subversives insérées dans des textes rédigés par des théologiens traditionnels.

Citons ici sans autre commentaire la phrase que Georges Orwell met dans la bouche de Big Brother :

« Qui contrôle le passé contrôle le futur, qui contrôle le présent contrôle de passé. »

Débusquer, dénoncer. Il convient de savoir que ce n’est pas sans risque, et que, si les pièges que nous décrivons ici fonctionnent si bien, c’est que le lecteur qui reçoit le discours est mis, à son insu, dans une position qui le valorise, le plaçant d’autorité dans le camp des « gentils », des posés, des modérés, … Il s’agit donc clairement d’une forme de corruption. Même si certains de ceux qui ont été ainsi achetés finissent par s’en rendre compte, bien peu parmi eux, sont prêts à l’avouer. La source du danger gît dans la remarque qui précède : on ne reconnaît pas facilement s’être fait berner et on ne quitte pas sans déchirement la tunique de l’altruisme même si on sait qu’elle est en papier.

 

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