Extrait du livre de Jules Garrido : Catéchisme pour scientifiques et techniciens, DDM

 

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3.4. L'ORIGINE DE L'HOMME ET LE PÉCHÉ ORIGINEL

 

3.4.1. Selon la doctrine orthodoxe, l'homme fut créé par une intervention directe et immédiate de Dieu comme la dernière et la plus parfaite des créatures.

 

Nous connaissons les données fondamentales sur l'origine de l'homme grâce au récit de la Sainte Ecriture que tous les auteurs orthodoxes et que la voix autorisée du Magistère ont interprété tou­jours dans le sens ordinaire, compréhensible à tous dans ses lignes générales. Le détail et le mécanisme de la création de l'homme nous sont inconnus et seront sûrement toujours incompréhensibles, car il s'agit d'un événement unique et exceptionnel qu'on ne peut aucunement mettre en parallèle avec d'autres événements ni avec des phénomènes qui se répètent toujours de la même façon. Il est possible que le mécanisme de la création de l'homme soit totalement différent de celui qui peut nous sembler le plus probable dans l'état actuel des sciences naturelles.

La science actuelle confirme que l'homme est la dernière des créatures apparues sur la terre et tout le monde est d'accord pour admettre qu'il est le plus parfait des êtres existants dans le monde matériel.

L'homme qui apparaît comme couronnement de la création est appelé à régner sur le monde par la force de son intelligence et le pouvoir de son action qu'il peut développer « à l'image de Dieu », c'est‑à‑dire librement.

 

Déviations et erreurs.

Le naturalisme, qui a toujours nié toute intervention de Dieu sur le monde, n'admet pas l'idée de création de l'homme et est arrivé à des suppositions et hypothèses plus ou moins fantaisistes, certaines même risibles comme celle des stoïciens qui pensaient que les premiers hommes naquirent de la terre spontanément comme 1es champignons ou celles des monistes qui au fond admettent que 1es hommes sont le fruit du hasard qui a fait que les atomes se groupent pour former des associations de plus en plus complexes et au bout d'un grand nombre de millions d'années l'un de ces groupements est devenu un homme.

La théorie de l'évolution est actuellement très en cours et  est admise par beaucoup d'hommes de science comme un dogme indiscutable. Certains arrivent à dire, contre toute logique, qu'il ne s'agit pas d'une théorie mais d'un fait scientifique.

Dans ce cas la déduction du passé à partir du présent est particulièrement difficile et sujette à caution. Admettre comme définitive une hypothèse scientifique très générale est contraire à la prudence (1.2.7).

Il n'y a aucune raison pour croire que la théorie de l'évolution ne suive pas le chemin des nombreuses théories générales que science a abandonnées.

Certains évolutionnistes catholiques qui donnent une valeur égale et dans certains cas, une plus grande valeur à leurs théories scientifiques qu'à la parole de Dieu dans la Sainte Ecriture veulent adapter la signification du texte sacré à leurs idées et conclusions.

Ils proposent d'interpréter le clair récit de la Bible, comme s’il disait : « Dieu a insufflé une âme à un être irrationnel préexistant et par cet acte surgit le premier homme. » D'autres interprètent le récit biblique comme s'il était rédigé sous la forme suivante : « Dieu développa graduellement dans un groupe d'animaux des qualités intellectuelles et morales qui arrivèrent à avoir une perfection qui leur fit abandonner leur état d'animaux irrationnels. »

Soutenir ces interprétations du texte sacré c'est annuler purement et simplement sa valeur, car si dans une question aussi importante il peut contenir des erreurs si grossières, quelle sera donc la valeur de toutes ses affirmations ?

Les évolutionnistes catholiques admettent que leurs théories, leurs conclusions sont plus dignes de foi que la Sainte Ecriture. C’est le cas de l'historien qui donnerait plus d'importance à ses conclusions tirées de vestiges sans valeur qu'à un document clair et digne de foi.

 

3.4.2. La Sainte Ecriture nous apprend que l'humanité provient d'un seul couple : Adam et Eve.

 

La Bible nous raconte qu'après avoir créé le premier homme, Dieu, par une opération mystérieuse, créa la femme à partir d'une partie de son corps, ceci souligne l'unité et la création spéciale du genre humain indépendamment des animaux. Ce couple, l'un et l'autre étant de la même chair, est l'origine de tout le genre humain.

 

Déviations et erreurs.

A cette affirmation de la Bible qui souligne une origine commune pour toute l'humanité s'oppose le polygénisme qui admet que le genre humain provient de plusieurs couples ou de plusieurs groupes de couples sans connexion qui se seraient formés à partir de certains animaux semblables aux simiens dans ce qu'ils appellent « centres d'hominisation ». De nouveau il s'agit ici de donner plus d'impor­tance aux théories et aux conclusions provisoires d'une science conjecturale qu'aux claires affirmations de la Sainte Ecriture.

Il est intéressant de souligner que la Bible étant nettement monogéniste pour l'espèce humaine et polygéniste pour les espèces animales, beaucoup d'hommes de science (qui sont en géné­ral religieusement sous‑développés) soutiennent exactement les thèses inverses. On se demande s'il n'y a pas, dans beaucoup de cas, un parti‑pris antibiblique.

 

3.4.3. L'homme fut créé par Dieu dans un état supérieur très différent de celui qu'il a actuellement et fut placé sur le chemin de la vertu.

 

Non seulement Dieu créa Adam directement, mais Adam fut divinisé par une inclination naturelle vers Dieu et par la participa­tion à la lumière divine.

Adam et Eve eurent une connaissance directe de Dieu, ils vécu­rent en relation avec Lui et reçurent des révélations. Ils pouvaient progresser en connaissance et ils le faisaient sans effort, d'une façon naturelle, étant exempts de douleurs et de maladies et exerçant leur domaine sur le reste de la création.

 

Déviations et erreurs.

 

Cette affirmation est en opposition avec la croyance de beaucoup de scientifiques qui tenant compte de certains débris paléontologiques, se représentent les premiers hommes presque comme d’animaux sauvages ou comme des êtres de mentalité inférieure.

Il est évident que les restes humains qui peuvent se trouver des époques très reculées correspondent à des descendants d'Adam qui ont perdu leur état de grâce originel et ont dégénéré par le péché.

 

3.4.4. Nos premiers parents, étant doués de libre arbitre eurent la possibilité de transgresser la loi morale donnée par Dieu et à l'instigation du démon tombèrent dans le péché en mangeant le fruit défendu

 

Les normes données par Dieu à nos premiers parents contenaient une prohibition concrète concernant l'arbre du bien et du mal dont il leur était défendu de manger les fruits. Cette prohibition fut prescrite à Adam et à Eve pour leur donner l'occasion d’exercer leur libre arbitre sur un cas déterminé où ils avaient à choisir en l'obéissance et la désobéissance.

Dieu aurait pu créer l'homme dans un état d'impeccabilité immuable mais alors il aurait eu la mentalité d'un enfant ou bien, il aurait été un prodige mécanique de l'intelligence divine : l’être humain n'aurait pas eu de valeur morale.

Dieu avait prévu et connaissait que le péché de nos premiers parents allait avoir lieu, mais ça ne veut pas dire que Dieu l'avait prédéterminé car il s'agissait d'un acte libre de l'homme.

Dieu l'avait prévu, Il ne le voulait pas, Il le toléra et prépara en même temps les moyens pour porter remède à cette situation.

Le dogme du péché originel est à la base de toute la doctrine orthodoxe sur l'homme et sur sa destinée.

La transgression d'Adam est l'origine de ce dogme et il nécessaire d'admettre l'historicité du récit biblique. On peut à la rigueur admettre le caractère allégorique de certains détails accessoires mais d'aucune façon celui des circonstances essentielles données par le texte. Il est préférable d'admettre même la réalité des détails et circonstances car les considérer comme allégoriques conduirait à admettre chez l'auteur une préoccupation stylistique et artistique qui n'est pas conciliable avec la simplicité, la force et la sobriété d'un récit si transcendental.

 

Déviations et erreurs.

Certains auteurs ont donné à ce récit une valeur mythologique qui donnerait une expression historique à certaines idées philoso­phiques. Le caractère allégorique est admis par ceux qui ont plus de confiance dans leurs raisonnements et leurs opinions qu'en la Parole de Dieu. Ceux qui sont incapables de comprendre la profon­deur du récit biblique, se laissent aller souvent à des considérations irrespectueuses pour la Parole de Dieu que rapporte la Sainte Ecri­ture.

 

3.4.5. L'homme par le péché d'Adam a été privé de ses biens surnaturels et blessé dans sa nature.

 

Comme conséquence du péché originel l'homme est privé des rapports directs avec Dieu qu'il avait quand il a été créé. Il a été dès ce moment soumis à des passions et à la souffrance. Le péché originel fut comme une blessure dans la nature humaine. Cette bles­sure eut des répercussions sur le corps et sur les facultés de l'âme.

En ce qui se rapporte au corps il perdit l'impassibilité et l'im­mortalité ; ses activités intellectuelles furent amoindries de sorte qu'il ne lui fut possible d'atteindre la vérité qu'avec un effort, sa volonté fut amoindrie et sa force en face des difficultés sérieusement diminuée.

 

Déviations et erreurs.

Les protestants et les jansénistes admettent que par le péché originel la nature humaine fut totalement corrompue et que les actions de l'homme portent toujours le sceau du mal.

Les rationalistes admettent que les faiblesses de la nature humaine sont congénitales et d'aucune façon dues à une altération d'un état antérieur plus parfait. Les évolutionnistes doivent néces­sairement nier le fait de la chute qui va radicalement à l'encontre de leur principe de progrès continu. Quand ils veulent continuer à être considérés comme catholiques ils font des équilibres doctrinaux plus ou moins illogiques pour accorder leurs positions tellement inconciliables avec la doctrine.

 

3.4.6. Les suites du péché originel commis par nos premiers parents ont été transmises à tout le genre humain et existent encore en chacun de nous.

 

Les faiblesses, les défauts et la tendance au péché de la nature humaine sont des faits d'expérience. Aucun mortel ne peut atteindre dans cette vie son idéal de félicité complète ni d'épanouissement auquel il aspire. Il y a toujours un désaccord entre notre conscience et beaucoup de nos actions.

Des animosités, des haines, des erreurs remplissent d'amertume notre coeur et notre vie s'écoule dans l'inquiétude et souvent dans le désordre. La paix spirituelle n'est atteinte qu'en de rares moments. Nous sommes tous pécheurs et même après l'effacement du péché originel par le baptême (4.3.2.), ses conséquences persistent non plus comme un châtiment mais comme un moyen de pratiquer la vertu.

 

Déviations et erreurs.

Certains de nos contemporains pensent que les fait historiques devraient avoir eu un développement en accord ave leurs préférences et n'admettent pas que les défauts de la nature humaine soient dus aux conséquences d'un péché qu'ils n'ont pas commis.

 

3.4.7. Le péché originel, malgré son insignifiance matérielle eut des conséquences terribles car il fut acte contraire à la volonté de Dieu.

 

Le péché de nos premiers parents peut paraître peu grave aux esprits superficiels qui ne voient que les aspects extérieurs, mais si nous analysons son origine et sa signification nous verrons immédiatement l'énormité de la faute. C'est un acte opposé à la volonté de Dieu et constitue dans le monde matériel le premier cas d' une créature qui voulant se faire semblable à Dieu accomplit Un acte totalement indépendant des lois et des normes fixées par le Créateur. La créature fait un acte que Dieu ne voulait pas, elle prétend, faire l'égale de Dieu ; elle décide par sa libre volonté quelque chose de contraire à la volonté divine.

C'est en quelque sorte un acte comparable à celui de l'ange déchu mais avec une différence : le péché d'Adam fut fait par 1’influence d'Eve et celui d'Eve par la tentation du démon. Alors leurs conséquences ne furent pas les mêmes. Dans le cas de Lucifer, sa volonté s'est décidée librement à rompre la domination et les lois de Dieu ; Lucifer s'est placé volontairement en dehors du règne de Dieu et sa décision fut définitive. Par contre chez nos premiers parents, ce ne fut pas un acte librement conçu mais seulement induit. Il est par conséquent susceptible de pardon et la nature humaine peut être restaurée.

 

3.4.8. Dieu promit à l'humanité tombée et corrompue, une restauration par un Sauveur et Rédempteur qui serait son Fils unique, le Verbe de Dieu fait homme.

 

L'homme a pour lui, de ne pas avoir été l'inventeur du mal et c'est un signe de sa vitalité morale que la nature humaine ait conservé cette inquiétude, ce trouble. Il désire le bien mais souvent fait le mal. Voilà la différence entre l'homme et le démon, la nature du démon fut changée par le péché, celle de l'homme demeure seule­ment blessée.

Après la transgression d'Adam, Dieu promit une restauration et il annonça à nos premiers parents l'espérance de retrouver leur état perdu.

C'est l'histoire de cette restauration qui constitue la deuxième partie du drame grandiose de l'histoire de l'humanité.

 

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