LA SUBVERSION
- Je hais la pureté. Je hais la bonté. Je ne
voudrais d’aucune vertu nulle part. Je voudrais que tous soient corrompus
jusqu’à la moelle.
Georges Orwell, 1984,
Gallimard Folio, p. 180.[1]
-Êtes-vous prêts à donner vos vies ?
-Oui.
-Êtes-vous prêts à tuer ?
-Oui.
-A commettre des actes de sabotage pouvant
entraîner la mort de centaines d’innocents ?
-Oui.
-A trahir votre pays auprès des puissances
étrangères ?
- Oui.
-Vous êtes prêts à tromper, à faire des faux, à
extorquer, à corrompre les esprits des enfants, à distribuer des drogues qui
font naître des habitudes, à encourager la prostitution, à propager les
maladies vénériennes, de faire tout ce qui est susceptible de causer la
démoralisation du Parti [comprendre
l’ordre chrétien] et de l’affaiblir ?
- Oui.
- Si votre intérêt l’exigeait, par exemple, que de
l’acide sulfurique fut jeté au visage d’un enfant, seriez-vous prêts à le faire ?
- Oui.
[…]
Georges Orwell,
ibid., pp. 245-246.
Contrairement à
ce que pensent la plupart des gens, « la Révolution » ne s’est pas
achevée avec l’Empire. S’est seulement achevé alors ce qu’il est convenu
d’appeler la « Révolution Française », phase sanglante initiale
visible[2]
de la Révolution en général, et qui eut la France pour théâtre d’opération. Ces
phases sanglantes initiales visibles ont ensuite touché toute l’Europe,
ensemencée par Napoléon. Puis la Russie. Puis la Chine. Elle s’est poursuivie
sous l’extériorité des deux guerres mondiales.
Si lors des
Révolutions dites Française, Russe et Chinoise, la Révolution a sévi sous son
étendard de révolution, les causes alléguées n’étaient pas les vraies
causes et son objectif final (la fusion de toutes les nations en une Grande
République mondiale et de toutes les religions en une (fausse) religion
universelle), insoupçonné de l’immense majorité de ses acteurs eux-mêmes. Rien
n’a changé : où a-t-on lu ou entendu dire que les guerres d’Afghanistan ou
d’Iraq étaient des guerres révolutionnaires ? Le public est persuadé que c’est
« le pétrole » qui est convoité (même s’il l’est, de fait,
instrumentalement !).
[…] la guerre est le symptôme d’une révolution mondiale.
Il est clair que la première chose à faire à propos d’une révolution, est de la
reconnaître comme telle. Toutefois, de manière assez surprenante, il est tout à
fait possible de ne pas s’en rendre compte. A l’instar de M. Jourdain du
Bourgeois Gentilhomme de Molière qui découvrait avoir parlé en prose toute sa
vie sans le savoir, beaucoup de gens aujourd’hui commencent à découvrir qu’ils
ont vécu une révolution sans le savoir, et de nombreux autres continuent
toujours à découvrir ce fait surprenant.
Ceci s’explique en partie par le fait qu’une
révolution mondiale est d’une ampleur telle qu’il est difficile de la saisir
dans toute son étendue, et, bien qu’elle procède à une vitesse très supérieure
à celle de l’histoire en temps ordinaire, elle se déroule graduellement
comparativement aux évènements de la vie de tous les jours. L’homme de la rue
voit ses impôts ou bien le chômage augmenter, les banques faire faillite, le
gouvernement devenir plus autoritaire, ou encore la guerre éclater en quelque
partie éloignée du monde ; mais s’il est concerné par chaque événement de ce
type, il le perçoit comme isolé, non comme signe d’une d’un phénomène plus
vaste. Cela vient aussi en partie de ce que la plupart d’entre nous détestent
les changements radicaux ; après tout, ce n’est guère un privilège que de vivre
une chose aussi implacable qu’une révolution. Parce que nous n’aimons pas cela,
nous en repoussons inconsciemment l’idée, nous traitons le danger par la
politique de l’autruche, nous autorisant temporairement à croire que la
détestable révolution n’existe pas..
[…]
(Julian Huxley, On living in a revolution, Harpers Magazine, sept. 1942,
p. 338)[3]
« Faire
croire », qui est plutôt l’objectif de la désinformation,
est donc la condition de l’action révolutionnaire,. De nos jours, dans les pays
apostats, la Révolution revêt surtout la forme non aversive de la subversion,
action souterraine destinée à ruiner ce qui reste de l’ordre naturel et
chrétien et à lui substituer un ordre fusionnel purement naturaliste. Elle
sévit partout, est indolore et souvent même agréable car elle flatte les sens
et la volonté propre de ses victimes, qui en sont les collaborateurs et acteurs
inconscients.
La mise en garde
de Ciceron[4]
dans des circonstances analogues est donc parfaitement d’actualité pour ne pas
pratiquer la politique de l’autruche dont parle Julian Huxley :
Cavete [...] ne spe praesentis pacis perpetuam
pacem amittatis !
Prenez garde [...] à ce que la paix présente ne
vous fasse pas perdre la paix éternelle !
Préambule :
Mais,
que vise donc « la Révolution » ?
L’histoire lui [Alexandre le Grand] prête la noble
ambition d’unir tous les hommes dans une même coupe d’Amour. Ce genre de coupes
est bien connu. Ce sont des empereurs qui les offrent, et elles sont d’abord
pleines de sang. (E. Gilson)[5]
La métaphysique chrétienne est une métaphysique de
l’insuffisance, puisque nous recevons tout par don, et que nous ne nous
suffisons en rien. […] Peut-être est-ce cela qui a tant gêné des métaphysiciens
comme Plotin, Proclus, Damascius, Spinoza, Kant, Fichte, Schopenhauer,
Nietzsche, Heidegger et d’autres : à savoir que nous nous avons tout reçu
par don et que nous recevons tout par don et par grâce […]
La métaphysique de l’Un ou de l’Identité signifie
essentiellement : Je suis l’incréé. Je suis Incréé. Je suis le Moi absolu.
Il n’y a pas de création. Je ne dépends donc pas d’un autre. (Claude Tresmontant)[6]
On constate aisément qu’il existe une
complémentarité de fait, en dépit de la différence des doctrines professées,
entre matérialisme et idéalisme. Elles s’unissent toutes dans le
combat anti-chrétien pour nous faire croire que nous sommes tous un seul et
même être, non seulement nous les hommes, mais aussi cette plante, ce chien
et ce lac. Peu importe la doctrine : que chacun adopte celle qui convient le
mieux à son tempérament. Peu importe que nous en soyons conscients ou pas. Que
ceux qui savent participent au combat dans le carré des officiers. Que la marée
incoercible de ceux qui ne savent pas soient tout à la fois les acteurs
aveugles et les témoins subornés de la déculpabilisation universelle par fusion
dans le sein de la terre mère.
Nous ne résistons pas à insérer ici une image
puisée sur le site américain indiqué en bas de la photo ; il ne manque que
la plante verte.

Naturellement, ces doctrines sont fausses car
contradictoires.
La
Révolution, au sens le plus large, désigne l’ensemble des menées opérées
par les superbes pour tenter de persuader l’esprit humain, y-compris le leur,
qu’elles sont vraies : si je ne forme qu’un seul être avec cette plante
verte, cette pierre et cette rivière, le bien et le mal n’existent pas, je puis
faire ce que je veux, je n’ai pas de maître, je suis Dieu.
Comme nous l'avons noté plusieurs fois, dire que
l'Univers physique est l'Être pris absolument ou le seul Être, c'est le
présupposé du matérialisme. Dire que l'expérience a tort lorsqu'elle nous
enseigne des genèses et des corruptions, c'est le fait de l'idéalisme. Et donc
par le présupposé commun, à savoir qu'il n'existe qu'une seule sorte d'Être, le
matérialisme et l'idéalisme se rejoignent.[7]
[…] Nous avons eu déjà l'occasion d'observer, à
propos de Parménide, et nous aurons de nouveau l'occasion de remarquer, à
propos de Spinoza et de ses disciples, qu'en réalité la grande tradition
métaphysique moniste, idéaliste et acosmique, — et la grande tradition
matérialiste qui attribue à l'Univers physique les caractères de l'Être absolu,
— communiquent et s'échangent des faveurs.
Par le fait qu'il considère que l'Univers physique
est l'Être pris absolument et qu'il n'en existe pas d'autre, Parménide est le
père de la grande tradition matérialiste qui va suivre et survivre
jusqu'aujourd'hui.
Par le fait qu'il affirme et enseigne que l'Un seul
existe et que la multiplicité des êtres est une illusion, une apparence, —
ainsi que le devenir, les genèses et les morts, — il est le père de la grande
tradition idéaliste, en Occident du moins.
Spinoza, nous le verrons, professe que la Substance
est unique. C'est la Nature. La multiplicité apparente des êtres est au fond
illusoire. Il a eu une postérité matérialiste. Les maîtres de l'athéisme au
XVIIIe et au XIXe siècle ont repris à Spinoza ce qu'il disait de la Nature, à
savoir qu'elle est l'Être absolu, et ont constitué ainsi le matérialisme athée
moderne.[8]
Dans la symbolique qui véhicule le panthéisme
professé par les doctrines ésotériques, l’Un est représenté par
différentes figures, dont les mandalas. Ce mot, qui vient du sanskrit
signifie « cercle ». Les mandalas, qui peuvent avoir des aspects très
variables, comportent toujours néanmoins un ou plusieurs cercles concentriques
ou dessins agencés en cercles qui sont inscrits dans un carré.
Le
cercle le plus central (« bindu »), qui peut se réduire à un point, représente
la divinité et la périphérie, souvent matérialisée par un carré, représente le
monde qui en est l’émanation. Les initiés qui oeuvrent avec opiniâtreté dans
l’ombre depuis des siècles au prétendu retour à l’Un, couvrent le domaine
public de symboles destinés entre autres à opérer un effet subliminal sur les
masses profanes qui n’y voient goutte. Les mandalas figurent en bonne place
parmi ces symboles.

La pièce italienne de un euro est un mandala qui
comporte en son centre la figure de « l’homme vitruvien » de Léonard de Vinci.
L’interprétation est claire : placé au coeur, donc confondu avec la divinité,
et étendant les bras vers la périphérie qui représente le monde, l’homme affirme
son imperium sur l’univers.

Autres mandalas : tapis et, à droite, le logo
du Jubilé de l’an 2000. Il est malheureusement difficile de ne pas y voir un
mandala dont le centre, suspendu par une croix solaire païenne, représenterait
la fusion des différentes religions, ou plutôt « spiritualités » du monde (cf.
http://agdei.com/Universalsymbolism.html et http://agdei.com/Universal%20Symbols2.html
). Peut-être peut-on même voir dans
les couleurs des cinq « colombes » imbriquées du centre une reprise du symbole
gay de l’arc-en-ciel adopté à San Francisco en 1978. En tout cas, le journal
Libération avait franchi le pas dans son numéro du 18 août 1997, puisqu’il
titrait sur la « Catho Pride », lors le l’apparition novatrice de ces couleurs
sur les chasubles officielles des JMJ de Paris de 1997.
Voici maintenant le symbole du retour à l’UN,
ou tikkun, ou réparation. Le lecteur pourra s’exercer à en
repérer les différents avatars dans les logos des grandes firmes, des
organismes officiels, etc. :

De gauche à droite : le logo de l’ONU, celui
du « comité catholique [ !!!] contre la faim et pour le
développement », celui de l’UNICEF - ONG vouée à la protection des enfants
et … à la promotion de l’avortement, enfin un dessin à visée symbolique
figurant sur certains sachets d’emballage en plastique biodégradable distribués
par les pharmacies ; outre le symbole de la tikkun, on y discerne celui de
du verseur d’eau (Aquarius)[9],
et peut-être - par les nervures des feuilles - celui de l’outarde[10].
I. Extraits d’un article
intitulé DE LA SUBVERSION et paru en supplément à la revue Sel de la
terre[11]
n° 47
« […]
- Comment les décomposerez-vous de
l’intérieur ?
- Par des méthodes qui s’apprennent, Aleksandre
Dmitritch. D’abord, il faut connaître parfaitement la société sur laquelle on
travaille. […] Il faut faire l’effort de connaître la société-cible mieux que
ne la connaissent ses propres membres. Nous avons pour cela des techniques que
je ne vous expliquerai pas aujourd’hui et que nous groupons sous le nom
« d’entrisme. ». […][12]»
[…]
Par subversion, nous entendons tout effort
entrepris pour retourner, amoindrir ou corrompre de manière non aversive[13],
et si possible subliminale[14],
les convictions politiques ou religieuses d’un groupe humain plus ou moins
étendu. Nous nous intéresserons surtout ici aux manœuvres qui ont pour but la
destruction du christianisme en vue d’y substituer un ordre païen élitiste qui
pourrait tenter quelques « invités n’ayant point revêtu l’habit de noces[15] »,
plus attirés au fond d’eux-mêmes par la Cité terrestre avec latin et encens que
par la Cité Céleste. Cette situation présente une analogie avec celle qui
prévalait lors du péché originel puisque, nous allons le voir, les méthodes
utilisées par les corrupteurs sont – et pour cause -, celles inaugurées par le
serpent de la Genèse. Et que, à cet égard, saint Augustin fait observer que
« Ce péché manifeste de désobéissance au commandement de Dieu, ce piège du
démon, l’homme ne s’y fut pas laissé prendre, si l’homme n’eût commencé par se
plaire en lui-même. [16]»
La subversion se distingue de la désinformation,
dont l’objet principal est le mensonge complexe destiné à masquer la
subversion. Comme la subversion, la désinformation utilise avec art les
passions humaines[17]
pour mettre en place un système d’autoprotection à l’une et à l’autre et même à
faire grossir le nombre de leurs agents, en créant des
désinformés-désinformateurs[18].
La désinformation n’étant pas l’objet de la présente étude, nous ne
l’aborderons que marginalement.
Le paradigme indépassable de la corruption et de la
tromperie se rencontre dans les évènements au cours desquels s’est accompli le
péché originel. (Gn 3, 1-6) :
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que
Yahweh Dieu ait faits. Il dit à la femme : « Est-ce que Dieu aurait dit :
" Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin? » La femme répondit
au serpent : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. » Mais du
fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : « Vous n'en
mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne
mouriez. » Le serpent dit à la femme : « Non, vous ne mourrez point ;
mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous
serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. » La femme vit que le
fruit de l'arbre était bon à manger, agréable à la vue et désirable pour
acquérir l'intelligence; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna
aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea.
Or, que fait précisément le serpent ?
Apparemment bien peu de choses. Il ne contraint pas la femme à manger du fruit,
il n’en a d’ailleurs pas la possibilité, ni physique, ni hiérarchique :
s’il avait dit « mange du fruit », il n’aurait pas été obéi, la femme
n’ayant aucune raison de rompre sa fidélité à Dieu en obtempérant à un inconnu.
Le serpent, qui sait que la femme a commencé à « se plaire en
elle-même », use donc d’une rouerie à la portée de n’importe qui, de
l’être le plus négligeable : il se contente d’inoculer le doute par une
simple parole. Eve, qui jusqu’alors avait une parfaite confiance en Dieu, est
ébranlée, se met à douter de Lui, à Le soupçonner de l’avoir trompée en lui
cachant quelque chose, quelque chose qu’Il veut garder jalousement pour Lui. Le
mal est fait. La suite des événements s’enchaîne toute seule. La fidélité
établie est rompue, l’abandon consommé. Retenons ceci : tenter
quelqu’un c’est d’abord lui suggérer une infidélité.
« Tous
les péchés, dit saint Thomas (Ia IIae, q. 77, a. 4 et 5),
dérivent de l’amour désordonné de nous-mêmes ou égoïsme qui nous empêche
d’aimer Dieu par-dessus tout et nous porte à nous détourner de lui. De cet
amour désordonné de nous-mêmes procèdent les trois concupiscences [19] :
celles de la chair, des yeux et l’orgueil de la vie. De ces trois
concupiscences dérivent les péchés capitaux, principes des autres. […] On voit
par là comment les péchés capitaux sont le principe des autres, et comment eux-mêmes
dérivent de l’orgueil, qui nous détourne de Dieu et de la concupiscence, qui
nous porte à chercher la béatitude suprême dans les biens terrestres.[20] »
Le serpent va donc activer la principale des trois
concupiscences, celle de l’orgueil de la vie. Il propose à la femme
d’égaler Dieu par la connaissance, la science du bien et du mal,
autrement-dit la sagesse humaine. Le premier lien rompu, les deux autres
concupiscences produisent leurs effets d’elles-mêmes et finissent
d’emporter la décision : la concupiscence des yeux (le fruit était
« agréable à la vue »), la concupiscence de la chair (le fruit
était « bon à manger »).
Et on peut effectivement observer que toute
subversion, utilise l’activation de l’une au moins des trois concupiscences
pour justifier aux yeux de la cible l’infidélité proposée : le
renversement de la volonté conduit par le marchand qui vend une voiture à une
personne qui n’en n’a pas besoin, celui mené par le politicien qui promet au
citoyen un régime dans lequel ses talents seront reconnus à leur juste valeur,
celui mené par le corrupteur religieux qui laisse entendre que le Ciel est bien
loin et la terre bien proche.
Sachons enfin, que la plus puissante des trois,
celle de l’orgueil est activée par la flatterie, laquelle est d’autant
plus efficace qu’elle n’est pas perçue par le patient (par exemple en lui
donnant de l’importance, en lui faisant croire qu’il est indispensable[21],
…).
… de manière subreptice
Le premier ouvrage subversif alliant l’usage
réfléchi des méthodes de subversion et la diffusion de masse fut à n’en pas
douter l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Voici ce qu’en dit
l’abbé Barruel dans ses Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme,
publiés en exil dans les dernières années[22]
du XVIII° siècle :
« […] Il devait être le résultat d’une société
d’hommes choisis parmi ceux que la France comptait de plus célèbres dans chaque
genre de sciences. Le discours par lequel d’Alembert l’annonçait à tout
l’univers, était écrit avec tant d’art ; il avait été si bien pesé et si
bien médité ; l’enchaînement des sciences, les progrès de l’esprit humain
y paraissaient si bien tracés ; tout ce qu’il avait pris dans les œuvres
de Chambers et du Chancelier Bacon, sur la filiation des idées, était si bien
déguisé ; le sophiste plagiaire avait si bien su se parer des richesses
d’autrui[23], que le
prospectus de l’Encyclopédie fut regardé comme un chef d’œuvre, et son auteur
comme l’homme du monde le plus digne de se voir à la tête d’un ouvrage si
étonnant.
C’étaient là de
superbes promesses hautement annoncées, et que l’on avait fort peu envie de
tenir. Il était en revanche un objet sur lequel on gardait un profond silence,
& que l’on se tenait à peu près assuré de remplir. Cet objet si secret
était de faire de l’encyclopédie un immense dépôt de toutes les erreurs, de
tous les sophismes, de toutes les calomnies qui, depuis les premières écoles de
l’impiété jusques à cette énorme compilation, pouvaient avoir été inventées
contre la religion ; mais de cacher si bien le poison ; qu’il se
versât très insensiblement dans l’âme des lecteurs, sans qu’ils pussent s’en
apercevoir. Pour abuser de leur crédulité, l’erreur ne devait jamais se
trouver, elle devait au moins se cacher avec un soin particulier dans les
articles où l’on aurait pu la prévoir, la soupçonner. La religion devait
paraître respectée et même défendue dans les discussions qui la regardaient
plus directement. Quelquefois, l’objection devait être réfutée de manière à
persuader qu’on voulait la faire disparaître, tandis qu’on ne pensait qu’à la
rendre plus dangereuse, en faisant semblant de la combattre. Il y a même
plus ; les auteurs qui devaient seconder d’Alembert et Diderot dans ce
travail immense n’étaient pas tous des hommes dont la religion dût être
suspectée. La probité de quelques-uns, M. de Jaucourt, par exemple, de
ce savant qui seul a rempli un nombre prodigieux des articles de
l’encyclopédie, était si bien connue, qu’elle semblait devoir servir de
garant contre les embûches de la ruse et de la perfidie. Enfin, on
annonçait que les objets religieux seraient discutés par des théologiens
connus par leur savoir et leur orthodoxie. […] En un mot, le voile de
l’impiété devait être assez transparent pour la rendre assez piquante, assez
obscur pour ménager une excuse et des défaites. […] »
Le recours aux
« renvois »
Redonnons la parole à l’abbé Barruel[24],
référence des obsédés du « complot » :
« […] Nous devons à l’historien les preuves du
fait et les preuves de l’intention. Pour saisir les premières, il suffit de
jeter un coup d’œil sur divers articles de cette immense collection
[l’encyclopédie], d’y rapprocher tout ce qu’on y trouve d’assez exact sur les principaux
dogmes du christianisme ou même de la religion naturelle ; de rapprocher,
dis-je, ces divers articles de ceux auxquels nos conjurés ont soin de renvoyer
le lecteur. On verra l’existence de Dieu, la liberté, la spiritualité de l’âme
traitées à peu près comme elles doivent l’être par tout philosophe
religieux ; mais le lecteur, que d’Alembert & Diderot ont soin de
renvoyer successivement aux articles Démonstration, Corruption,
verra aussi successivement disparaître toute cette doctrine. Celle qui domine
dans les endroits que d’Alembert et Diderot prennent soin de lui recommander,
est précisément celle du Sceptique ou bien celle du Spinosiste, du Fataliste
& du Matérialiste. […] »
Ce recours aux renvois, aux notes, compléments des
notes ou appendices garde toute sa valeur et est encore utilisé.
Ne l’oublions jamais, la vérité est la caution de
l’erreur. Pas de tromperie possible sans une part de vérité. Plus
massive est cette part, plus la duperie est assurée.
Il y a mieux. Indépendamment du fait qu’elle peut
servir de faux contre-poids à une erreur (« vous vous êtes exprimé, mais
vous êtes minoritaire »), une affirmation vraie formulée toute seule,
peut être extrêmement subversive. Il en est ainsi lorsque cette
affirmation implique que l’affirmation inverse soit seulement envisageable,
première étape psychologique avant le questionnement, puis l’affirmation
inverse elle-même[25].
Elle peut aussi servir à susciter une réaction inverse, attendue[26]
… Nous laissons les lecteurs s’exercer à trouver des exemples de ces manœuvres
relevant de l’art royal dans l’actualité révolutionnaire quotidienne,
notamment en matière sociétale (« bioéthique », …).
La technique dite
« du Fil de fer »
Seulement, il arrive que le sujet soumis à ces
manœuvres délétères ne cède pas tout de suite. Le corrupteur bien formé ne
reste pas sans ressources. Il peut par exemple utiliser la technique « du
Fil de fer » pour briser la volonté de la cible. Laissons Vladimir Volkoff
nous l’exposer[27] :
« […] Voilà, en bref, la théorie du Triangle.
‑ Vous aviez aussi, dit Aleksandre, celle du
Fil de fer.
Cette fois‑ci Pitman hésita pour de bon. Il
fit quelques pas de côté et d'autre. Le guide regardait l'heure. Les autocars,
ayant régurgité les Barbares, s'éloignaient en direction de l'Opéra. La lumière
changeait de couleur en changeant de hausse. Elle n'était plus blanche, pas
encore dorée ; on eût dit qu'elle tombait sur le grand cuirassé Notre‑Dame
à travers on ne savait quel vitrail imperceptiblement teinté.
Les trois principes du Vademecum,
exposés sans les techniques d'application, ne constituaient certes pas une
initiation complète, à peine un embryon. Mais l'embryon y était. Aleksandre
Psar, tout citoyen soviétique qu'il était, descendait d'une famille réactionnaire,
avait été élevé en France, pouvait avoir avec l'ennemi des liens cachés que les
enquêtes n'avaient point révélés. Un jour viendrait où la doctrine de
l'influence serait connue du monde entier, mais, pour le moment, il s'agissait
encore d'un des plus grands secrets du régime. Il appartenait au jeune Iakov
Moïsséïtch Pitman de dévoiler ce dernier article au risque d'une trahison, ou
de le dissimuler au risque d'une dérobade peut‑être définitive.
‑ Écoutez, dit‑il en venant de nouveau
s'accouder près d'Aleksandre, je ne peux vraiment qu'effleurer ce sujet. L'image
du Fil de fer vient de ce que, pour en casser un, il faut le tordre dans les
deux sens opposés[28].
Vous touchez ici au fond même de notre art, j'emploie le mot à dessein. L'agent
d'influence est le contraire d'un propagandiste, ou plutôt c'est le
propagandiste absolu, celui qui fait de la propagande à l'état pur, jamais
pour, toujours contre, sans autre but que de donner du jeu, du mou, tout
décoller, dénouer, défaire, déverrouiller. Si vous continuez à vous intéresser
à nous, je vous prêterai un livre du penseur chinois Sun Tzu qui vivait il y a
vingt‑cinq siècles. C'était le Clausewitz de l'époque. Entre autres
choses admirables, il dit celle‑ci, qu'il appliquait à la disposition des
troupes devant l'ennemi mais qui nous caractérise parfaitement. Le fin du
fin, c'est de ne pas présenter une forme qui puisse être définie clairement.
Dans ce cas, vous échapperez aux indiscrétions des espions les plus
perspicaces, et les esprits les plus sagaces ne pourront établir de plan contre
vous. Exemple: l'agent d'influence soviétique ne passera jamais pour un
communiste. Tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, il sciera
systématiquement l'ordre existant. C'est tout ce qu'il est censé faire, et,
dans ce rôle, il jouit d'une impunité absolue. Aucune loi, Aleksandre
Dmitritch, je veux dire : aucune loi occidentale, n'interdit de démantibuler
la société où l'on vit. Il suffit de jouer le rouge et le noir, le pair et
l'impair. […] »
Parler par prétérition[29],
c’est inciter à faire une chose sans dire de la faire, voire même en disant de
ne pas la faire. Il suffit de laisser agir les penchants de notre nature
déchue : « Je vous interdis de manger les chocolats que maman a
cachés dans le buffet derrière les assiettes ».
Observons qu’il est un procédé particulièrement
adapté tant au discours par prétérition qu’à la technique du fil de fer, c’est le
débat contradictoire[30],
réel ou fictif. Dans un tel débat, savoir qui dit quoi n’a qu’un intérêt
anecdotique. L’important étant seulement que certaines paroles arrivent au
contact du lecteur. Peu-importe qu’un contradicteur les réfute
ultérieurement.
« Nous ne parlons pas pour dire quelque chose,
mais pour obtenir un certain effet. » disait Gœbbels[31].
« La cité du monde a ses amours qui nous
flattent, ses erreurs qui nous trompent, ses menaces et ses scélératesses qui
nous épouvantent, amores, errores,
terrores, dit saint Augustin,
et avec ces armes elle entre en lutte contre la cité de Dieu.[32] ».
C’est pourquoi le XVIII° siècle fut à la fois le
siècle de la Révolution et celui de l’explosion des concupiscences. Avant
d’avoir été celui de la guillotine, et des pontons vendéens, il fut celui des
raffinements extrêmes (dans les mœurs et les arts), du luxe insolent affiché
par les classes possédantes, des débordements de la sensualité et de la
perversion (Sade, …), celui où la noblesse qui avait de longue date oublié son
devoir d’exemple[33] ne voyait
plus dans ses titres que matière à vanité. On comprend donc qu’il ne s’agit
nullement d’une corrélation fortuite.
Il est clair que l’arme des concupiscences est
toujours fourbie. Comme nous l’avons dit au début de l’article, la première des
concupiscences est celle de l’orgueil et de la puissance. Comme le serpent de
la Genèse, le corrupteur religieux va s’attacher prioritairement à proposer
une prétendue sagesse humaine[34].
Mais, tout au long de cette proposition, il ne
dédaignera pas d’avoir recours à titre accessoire aux deux autres
concupiscences. Ainsi, au détour d’un chapitre, pourra t-on nous proposer
de nous lever et d’aller nous servir un petit muscat (du meilleur,
bien-entendu), qu’un ami producteur (petit, mais connu des seuls amateurs
éclairés) nous a envoyé pour service rendu (immense, comme nos talents), tout
en nous enfonçant mollement dans une magnifique bergère L. XV (d’époque, obviously),
à moins que nous ne préférions carrément nous étendre sur le lit.
Peut-être même, pourra t-on dans quelque temps nous
suggérer la lecture de quelque bonne lettre de la Marquise de Sévigné.
Evidemment, les repas d’affaires n’ont pas été
inventés pour rien.
[…]
« […] Prenons un exemple particulièrement
typique ‑ celui de M. de Malesherbes, directeur de la librairie.
Sous l'Ancien Régime, le directeur de la librairie
était chargé de contrôler la publication, le commerce et la circulation des
imprimés. Il visait les ouvrages en manuscrit et pouvait interdire ceux qui lui
paraissaient contraires aux bonnes mœurs ou dangereux pour l'ordre social. Il
avait la surveillance des frontières et des officines clandestines. Il
ordonnait la saisie des livres et journaux mis en vente ou distribués sans
avoir été soumis à sa censure et en poursuivait les auteurs et les colporteurs.
Poste de premier ordre, poste capital au moment où une grande offensive
intellectuelle est dirigée contre la monarchie.
Il fut occupé,
jusqu'en 1750, par le comte d'Argenson, qui, prenant ses devoirs au sérieux,
mit sur pied, à partir de 1748, un système de répression efficace. Les
frontières étaient fermées, des arrestations décidées, une série de
perquisitions opérée avec fruit. Mais, au beau milieu de la lutte, d'Argenson
fut remplacé par le premier président de la Cour des Aides, Malesherbes.
Philosophe lui même, il va donner aux révolutionnaires une impunité à peu
près complète. Quelques mesures de rigueur seront bien prises par lui, pour la
forme mais elles seront aussitôt rapportées, « laissées sans exécution ». Leur
seul résultat sera de faire aux publicistes poursuivis une réclame tapageuse et
une flatteuse réputation de martyrs, sans les gêner en rien ni les intimider un
instant.
Coup sur coup, paraissent la Lettre sur les
sourds, de Diderot, les Discours, de Rousseau, les grandes œuvres de
Voltaire, l'Encyclopédie, les mélanges de d'Alembert... Des livres
interdits d'Argenson, comme l'Histoire de Louis XI, de Duclos, sont autorisés.
La garde des frontières, illusoire. Les ballots de brochures séditieuses que se
font envoyer les courtisans ne sont plus visités. On crée des boutiques dans
les maisons des princes, dans celles de l'Ordre de Malte, dans les couvents et
établissements religieux. Il y en a à Versailles, dans le château. Tout le monde
les connaît, mais la police feint de les ignorer.
Vaniteux, crédule, très sensible aux hommages
intéressés des gens de lettres, ravi de se frotter à leur bruyante renommée, ne
comprenant ni la portée de leurs livres ni l'importance de ses propres actes,
type achevé du libéral qui a toujours peur de passer pour réactionnaire,
Malesherbes se met en quatre pour allumer la révolution et protéger les
incendiaires.
[…][35] »
Ce texte relatif au XVIII° siècle, qui montre
clairement que la nécessité pour les corrupteurs de contrôler les publications
a été comprise dès le début de la société de communication doit être actualisé.
En effet, depuis la guerre de 1939-45, tous les médias grand public sont sous
contrôle. Le débat d’idées qui existait encore entre les deux guerres grâce à
l’Action Française[36],
est aujourd’hui impensable. Un Augustin Cochin édité post mortem par
Plon dans les années vingt ne trouverait aujourd’hui aucun éditeur grand
public. Les attaques se déplacent donc vers les publications à faible tirage
qui, en théorie, sont encore indépendantes. Les corrupteurs vont alors tenter
de les infiltrer[37] avec une
triple fin :
a/ Leur faire publier des articles de
désinformation pure sous l’apparence d’articles critiques ou
contre-révolutionnaires. Citons en vrac : faire passer les Américains pour
des incapables dans les événements du 11/09, focaliser les catholiques sur
l’islamisme (qui n’est pas une nouveauté) en sorte qu’ils se joignent au chœur
des « anti-voile » … pour promouvoir une loi avant tout
anti-chrétienne.
b/ Leur faire publier des secrets de Polichinelle
sous l’apparence de nouvelles exclusives et sensationnelles, de manière
à détourner l’attention des réalités auxquelles on ne veut les voir à aucun
prix s’intéresser, comme le fameux « complot ». On titre « Tout
sur le Vistemboire », vous vous précipitez sur la revue, vous la lisez
fébrilement, et vous découvrez qu’elle ne contient rien que vous ne sachiez
déjà. Comme cette revue émane de votre famille de pensée, vous en concluez,
qu’il n’y a rien de plus à savoir …
Naturellement, les gens posés, mesurés, les gens au
jugement équilibré et qui tiennent prioritairement à leur statut social ou à
leur tranquillité d’esprit, adopteront cette version politiquement correcte qui
leur propose en outre tacitement de les valoriser en l’adoptant. Cet
effet d’auto-censure par corruption subliminale, est consolidé par la
mise en circulation d’un vocabulaire très élaboré, souvent ethnicisé, évoquant
si possible quelque horreur réelle. Un parfait exemple en est : « les
tenants de la thèse du complot judéo-maçonnique ». Soutenir l’existence de
conjurations ou de complots antichrétiens, c’est, au minimum, être complaisant
envers le nazisme.
c/ Leur faire publier des choses réellement
inacceptables[38], qui discréditeront
le média et par amalgame, ses lecteurs et les idées justes qu’ils défendent
par ailleurs, aux yeux du grand public. C’est le sujet du livre « Le
Montage » de Volkoff, dont nous avons précédemment cité un extrait. Diabolicum
est.
La subversion s’attache toujours par quelque côté,
le service d’hommes intègres, mais bien-sûr, non exempts de faiblesses – qui
l’est ?! -, ou ayant quelque antique rancœur contre l’Église visible ou
« la société ». Bien pilotés et bien valorisés, ils serviront selon
les cas ou tout à la fois de caution (grâce à leurs réelles qualités) et de
bons propagandistes, puisque, ignorant les intentions réelles de leurs mentors,
ils mettront dans leurs actes, l’authenticité irremplaçable de la sincérité.
Cette sincérité leur vaut des partisans parmi les fidèles qui ne manqueront pas
de s’opposer aux clairvoyants ou aux méfiants de nature. Il en résulte une division
du troupeau. Rien qu’en cela, l’Adversaire aura marqué des points. Sur
cette question, lire les différents ouvrages de Volkoff, notamment ceux sur la
désinformation.
[…]
II. Compléments apportés par Contra
Impetum Fluminis au texte précédent
Retour sur le récit de la Genèse
En plus de ce qui
en a été dit précédemment, on peut mettre en lumière un certain nombre de
points, qui aujourd’hui encore, se retrouvent dans les opérations de
subversion.
1. Le démon avait pris les traits du serpent. Or, le
serpent, comme tous les autres animaux de la Création, était soumis à l’homme
(Gn 2, 19-20). En tant que tel, l’homme ne s’en méfiait pas, absence de
méfiance qui constitua la première faille par laquelle le démon s’est
faufilé : on ne peut guère tromper que celui qui ne se méfie pas
(supérieur ou ami).
2. Le démon s’est adressé à la femme. C’est
une réalité que connaissent bien les vendeurs de tout poil : la femme est
plus faible que l’homme du point de vue de l’observance d’une règle, elle
« craque » plus facilement. S’il peut évidemment y avoir des
exceptions à cette loi, elle n’en reste pas moins vraie en général. Deuxième
faille. À méditer.
3. Le démon commence par dénigrer Dieu, et ce
dénigrement va être écouté avec une délectation secrète : écouter une
critique sur quelqu’un, c’est toujours un peu se valoriser par contraste.
Troisième faille.
4. Ève va non seulement écouter, mais elle va
dialoguer. Cette fois-ci, la faille devient béante. C’est la technique
du pied dans la porte, inaugurée pour la première fois et utilisée depuis
par les vendeurs à domicile, les séducteurs et les corrupteurs de tout poil,
notamment religieux : il faut à tout pris parvenir à engager une
conversation, ce que les modernistes appellent « dialoguer ». Dès
les premiers mots échangés, les défenses tombent, la suite est presque
inéluctable. Sur l’évaluation scientifique des méthodes de manipulation
psychologiques, dont celle-ci, on pourra lire Pascal Bernardin, Machiavel
Pédagogue, Editions Notre-Dame des Grâces, 1995, pp. 19 sqq.
- Conception dynamique
ternaire de la logique, adaptée à une « philosophie » du mouvement,
du devenir et de l’Evolution, négatrice de l’être
impliquant le mépris du principe d’identité (ou de non-contradiction).
- Se substitue à la
logique binaire naturelle, adaptée au réel, à la philosophie de l’être
et orientée vers la contemplation.
- C’est donc un
instrument d’action révolutionnaire.
- Naissance d’un nouveau « moment
dialectique » (la synthèse) par « dépassement »
des antagonismes :
synthèse
●
● ●
thèse antithèse
- Utilisation :
« fabriquer l’histoire » pour la faire converger par étapes vers une
prétendue fin qui est un « État rationnel » (global) ,
identifié à « l’Esprit » :
- chaque synthèse sert
de thèse à un nouveau triangle :
D
D
D
D
sens
de l’histoire ®
…………… « Fin de l’histoire »
- La « fin de l’histoire » est l’état de
fusion généralisée des nations en une dictature
mondiale placée sous l’égide du
Serpent.
- Chaque antithèse peut selon les cas :
- Être produite par
réaction organique aux effets naturels de la thèse.
- Être suscitée ad hoc
- Se présenter statistiquement sous l’effet d’une
agitation de fond incessante, entretenue à dessein :
« Bougez ! ».
Voici
quelques exemples :
|
Thèse |
Occident capitaliste avec subsistance d’éléments
de civilisation chrétienne |
|
Choc |
Subversion, infiltrations, politiques d’
« ouverture », coopération culturelle et économique, etc. |
|
Antithèse suscitée |
URSS
marxiste maintenue par le soutien financier de l’Ouest. Suscitée par :
écrits de Marx, guerre de 14-18, etc. |
|
Synthèse |
Marxisme pratique des pays occidentaux :
athéisme, égalitarisme, matérialisme, collectivisation rampante, travail des
femmes, avortement, contrôle de naissances, « travail en équipe »,
port de vêtements « unisexe », GAEC, etc. |
|
Thèse |
Patronat (privé ou public) |
|
Choc |
Grèves, affrontements, haine de classe entretenue
par les médias, les partis, les traditions familiales et les
manifestations de rue, etc. |
|
Antithèse entretenue
statistiquement |
Marxisme diffus, universellement répandu, même
chez les prétendus « anti-communistes », qui ne le sont qu’économiquement (et
encore), syndicats de toute obédience, propagande de la gauche, presse de
droite comme de gauche, etc. |
|
Synthèse |
Maintien de l’esprit d’agressivité dans les
populations et chez les élites, sacralisation de l’esprit de révolte (tout le
monde est persuadé qu’il faut « se battre » pour arracher ce que
l’on estime être dû) fondamentalement anti-chrétien et même luciférien,
destruction du principe d’autorité, etc. |
LA REFORME, OPERATION
DIALECTIQUE PROVOQUEE ?
Les effets démesurés d’une
feuille de parchemin clouée sur la porte de l’église de Wittenberg un
premier dimanche d’Avent 1517.
Ne sont-ils pas en tous
points comparables à ceux d’un certain livre conçu en terre allemande et publié
à Londres en février1848 ?
Doit-on croire qu’un
« petit moine crasseux » ait pu faire cela de sa propre
initiative ?
|
Thèse |
Chrétienté
une sous la houlette du pape, bien que déjà largement minée par divers
courants internes délétères occultes ou non (nominalisme, cabalisme, etc.), Formidable
coup de massue asséné par Luder alias Luther, formé à la Cabale par Reuchlin,
etc.
|
|
Choc |
Guerres de religion, subversion par les livres,
etc. |
|
Antithèse (suscitée ?) |
Action
de Luther & alii |
|
Synthèse |
La
chrétienté fendue net en deux. Tous les instruments dissolvants du modernisme
mis en place : subjectivité de la foi, abandon des dogmes, relativisme moral
(on peut vivre comme les païens : le salut n’en dépend pas), contrôle de la
religion par les princes, introduction de la langue vernaculaire, première
étape nécessaire de « l’évolution » de la religion, les « valeurs » du
monde réhabilitées (dont l’usure), etc. Traité
de Westphalie inaugurant le laïcisme et l’apostasie des nations. etc. Préparation du terrain à envahir (la
France, fille aînée de l’Église) lors de guerres ultérieures (qui eurent lieu
en 1870 et en 1914-1918), qui devaient achever de hacher le catholicisme -
par la mise en place massive d’élites
germanophiles, etc. etc. … |
Que sont
donc en effet les guerres modernes
entre Etats ou coalitions d’Etats, si ce ne sont pas des chocs dialectiques, de formidables accélérateurs d’histoire ?
L’effroyable conflit de 1914-1918[40]
a t-il été autre chose qu’un tel choc provoqué[41],
préparé de longue date[42]
et de haute main[43] afin de parfaire l’éradication de l’ordre
ancien déjà bien mis à mal par la Grande Révolution ? Et, comme on sait, il a
encore fallu une autre guerre pour parachever le travail et faire régner sans
exclusive, mais sans l’avouer, l’Ordre Païen en Europe occidentale.
On ne s’étonnera pas de cette érotomanie pour la
violence si l’on sait que pour les gnostiques « la tragédie de l’histoire
du monde » est nécessaire à la « genèse de Dieu » et que selon
Claude Tresmontant[44],
on reconnaît même là « l'un des signes, l'un des caractères de la
gnose ». On croit les sacrifices humains disparus, mais c’est une
erreur : ils subsistent à grande échelle dans les guerres modernes[45].
Voici d’ailleurs l’opinion du maître lui-même sur la guerre :
La guerre maintient la santé morale des peuples
dans leur indifférence envers les déterminations finies, elle les protège
contre l’accoutumance à ces déterminations et contre leur durcissement, de même
que le mouvement du vent protège les eaux de la corruption à laquelle les
réduirait une tranquillité durable, ou encore davantage une paix éternelle y
réduirait les peuples. (Hegel, Principes
de la philosophie du droit, § 324 Rem. Kaan p. 249, cité par Jacques
d’Hondt, De Hegel à Marx, PUF, 1972, p. 75.)
La paix : mirage qui signifie extermination
différée, mais en marche, des opposants montrés comme des diviseurs qui
empêchent la paix. La paix révolutionnaire est toujours l’annonce de la guerre,
grande ou petite, sans laquelle la révolution ne peut vivre. Car toute synthèse
naît d’une guerre et en porte une autre dans le ventre. (Luce Quenette, in La Révolution)

Image publiée en 1943 aux États Unis par une revue
d’architecture
L’architecture urbaine, aux mains des initiés
depuis longtemps, est souvent conçue selon une dialectique symbolique qui
échappe à l’immense majorité des chrétiens qui en sont les dupes. Ainsi la Tour
du F :. Eiffel[46],
inaugurée en grande pompe le 31 mars 1889 à l’occasion du centenaire de la
Révolution Française n’est autre qu’une tour de Babel posée dans Paris en
antithèse de la basilique du Sacré Cœur[47]
dont la construction, débutée en 1875, avait été décidée en réparation des
péchés publics de la France. Que penser alors du logo officiel des JMJ de
Paris en 1997 ?

Le diable en rit
encore. Jugez-en :
« […] Le
logo des JMJ ressemble beaucoup au projet
- apparemment farfelu, mais apparemment seulement - d’un certain
Février, qui, en 1890, proposait d’installer une croix géante au somment de la
tour et, à l’occasion des cérémonie œcuméniques qui se dérouleraient sur le
Champ-de-Mars, de faire cracher aux bras du crucifix de longs jets de flamme, à
l’instant précis de la bénédiction. On ne sait si on doit louanger Février pour
sa brillante anticipation, ou féliciter les organisateurs pour avoir réalisé le
projet de leurs devancier, sinon dans la forme, du moins dans le fond. Car
l’œcuménisme des JMJ ne s’est pas arrêté au choix du lieu [le Champ de Mars
(NDLR)]. […] le « créateur » branché Castelbajac réalisa les
vêtements sacerdotaux (notamment des chasubles ornées d’arc-en-ciel[48])
d’inspiration … peu catholique. […][49] »
Inutile de
préciser que le christianisme, qui prêche l’amour des ennemis, est absolument
non dialectique. Mais attention,
l’amour des ennemis ne signifie pas l’amour de leurs péchés, qu’il faut
détester et bien distinguer de leurs auteurs. Toute affirmation d’une quelconque compatibilité entre Jésus et la
Révolution ou l’étendard qui la symbolise, suppose la négation du principe
d’identité (ou de non-contradiction) et est une marque certaine de la Gnose, qui prétend que Jésus et Satan se
réconcilieront in fine et
fusionneront dans le Grand Tout.
La dialectique possède un rôle secondaire très
important. Il lui incombe de créer une
fausse opposition à la Révolution. Opposition contrôlée et stérile, en ce sens qu’elle ne pourra
jamais accoucher d’un véritable acte contre-révolutionnaire. Mieux, elle
servira la Révolution en gérant, plus efficacement que la Révolution ne
pourrait le faire elle-même, ses indispensables pauses de consolidation. Tel est le rôle traditionnellement imparti
à « la droite » de nos régimes parlementaires.
« La gauche » réalise « les
avancées » et multiplie les dettes, la droite corrige les excès les plus
criants et tente - généralement en vain d’ailleurs -, de combler les déficits, ce
qui fait chuter sa popularité – qui ne cesse jamais d’être sous contrôle – puis
lui fait perdre les élections. Et le cycle reprend.
Ah ! mais, heureusement, il y a la
« vraie droite », l’autre ne l’étant que de nom. Celle-ci a une
triple mission. L’une d’elles consiste à récupérer les citoyens les plus
contestataires ... pour les maintenir dans le système, une fois soulagés en
paroles. Une autre est de repousser
vers le centre et ses petites audaces la majorité des électeurs qui ont une
honorabilité à maintenir. La troisième, et ce n’est pas la moindre, consiste à
marquer du sceau de l’infamie les justes mais naïfs qui prennent pour une
planche de salut le discours de ses tribuns. C’est pourquoi, il est indispensable que cette « droite
dure » ait une image inquiétante,
sulfureuse : elle doit en effet tout à la fois attirer les uns, repousser
les autres et pouvoir foudroyer ceux que les médias offrent à l’exécration
publique en disant qu’ils sont « proches de l’extrême-droite »[50],
rendant tout apostolat pratiquement impossible. Elle joue donc le rôle d’une
seconde enveloppe de protection, qui jusqu’à présent s’est montrée d’une
efficacité remarquable.
Beaucoup de catholiques sont tentés - lorsqu’ils ne
le font pas - de voter pour cette droite dure en fermant les yeux ses
nombreuses incompatibilités avec le christianisme. Ils arguent du
« réalisme », du « possible » ou du « mieux que
rien » pour justifier leur position. Certes, ce faisant, ils disent
« non » aux excès de la Révolution, mais ce qu’ils ne voient pas ou
ne veulent pas voir, c’est qu’ils disent « oui » au postulat
implicite initial qui consiste à reconnaître leur interlocuteur comme valable
et le principe même de la question comme licite. Or, leur interlocuteur est le
loup révolutionnaire déguisé en bonne fille qui invite ses ennemis à sa table
pour « dialoguer » et mieux les croquer ensuite. Telle la femme qui
repousse les avances d’un courtisan mais continue à écouter ses discours et
dont la chute n’est plus qu’une question de temps car elle a déjà cédé en son
cœur, celui qui utilise les instruments de la Révolution, même pour s’opposer à
elle, est déjà en fait pris dans ses rets. Là encore, simple question de temps.
Enfin, par ultime mesure de sécurité, sont encore
disposés en troisième ligne, quelques aimants aux couleurs du royalisme destinés à récupérer d’éventuels marginaux,
amateurs de meubles estampillés et de musique baroque, qui seraient parvenus à
vaincre les forces centripètes exercées par le système parlementaire.
Nous n’avons pas encore parlé de ce qui assure la stabilité du système. Car, et
contrairement à ce que l’on fait croire et répéter, le système est d’une stabilité diabolique. Ce qui n’est pas stable, ce
sont les gouvernements, les ministères,... On voit déjà poindre ici l’objet de
la confusion mentale que permet la dialectique gauche - droite et qu’alimentent
les médias. Le citoyen, que l’on fait sans cesse bouger, tant physiquement que
mentalement ne peut réfléchir et n’imagine pas un seul instant, s’il est de
gauche, que « le contraire » de la gauche soit autre chose que la
droite, et, inversement s’il est de droite. Pourquoi ? Parce que c’est
tout à fait vrai ! Mais en un sens seulement ! Un homme politique
de gauche diffère d’un homme de droite. Mais ce qu’on ne laisse surtout pas
réaliser au citoyen, en l’agitant sans cesse, en lui saturant les sens et lui
atrophiant l’intelligence que l’on réduit à ses facultés logiques et
fabricatrices, c’est que l’un comme
l’autre sont des serviteurs de la Révolution, qui, dans l’ordre politique, consiste précisément à gérer la Cité comme
si Dieu n’existait pas. Si on ajoute que les empoignades verbales de
l’Assemblée sont le plus souvent de vraies empoignades, et que le citoyen est
invité à donner son avis librement, tout paraît
absolument ouvert et non joué d’avance, donc parfaitement crédible, sincère et
véritable.
Il en est évidemment de même de la dialectique
opposant le GAT aux altermondialistes[51].
Les Américains et les Vietcongs qui s’entretuaient au Vietnam se haïssaient
réellement. C’est le prix à payer pour « faire vrai ». Bien-sûr, ils
ignoraient tous qu’ils servaient la même Révolution. Comme les concessionnaires
Peugeot et Citroën se font une concurrence acharnée pour le plus grand bénéfice
des actionnaires du groupe PSA ... qui possède les deux marques. On pourrait
encore donner l’exemple du système d’exploitation Linux©, dialectiquement
opposé au Windows© de Microsoft© : plaider pour Linux© n’est pas combattre
le mondialisme, c’est l’activer. Ne pouvant imaginer jusqu’à quel point le
machiavélisme des wire-pullers peut
aller, le peuple frivole - et en un sens ça l’honore - est impuissant à
comprendre que des causes antinomiques puissent concourir à la même fin. Voilà la grande force de la
dialectique : faire croire que les choses « évoluent »
d’elles-mêmes.
Utiliser la force des opposants … contre eux
On
peut consulter ici Étude de cas n° 1
et Étude ce
cas 2 pour avoir deux exemples récents de menées subversives subtiles
utilisant, comme au judo dit-on, la force de l’adversaire. En pensant lutter
contre la révolution par la diffusion de documents tout prêts qui semblent
politiquement incorrects, on peut, tout à rebours, participer bien
involontairement à l’activer.
La première de toutes les règles de la
pensée est le principe de non-contradiction, ou principe d’identité (PNC).
Saint Thomas l’énonce ainsi : « L’on ne peut en même temps affirmer et nier
». Il explique que chacun comprend spontanément ce principe car il est fondé
sur l’être, dont l’idée est contenue dans tout ce que l’on appréhende. Il
n’y a aucun discours, aucune pensée possible si on rejette le principe
d’identité : tout se confond, la gomme ne se distingue pas du crayon ni de
la chaise. D’ailleurs, qui affirme rejeter ce principe voit son affirmation
dénuée de toute valeur puisqu’il affirme en même temps le contraire … à moins
qu’il ne s’en réserve l’usage exclusif, usage qu’il refuse aux autres.
On peut encore énoncer le PNC :
« Un même être ne peut en même temps et sous le même rapport être et ne
pas être ». Le principe du tiers exclu, « Ou bien une chose
est ou bien elle n’est pas. Il n’y a pas d’alternative (tiers) possible »,
lui est équivalent.
Or, il se trouve que le principe de
non-contradiction a été attaqué de longue date et l’est de nos jours plus que
jamais par la Révolution. Pourquoi ?
Aristote a énoncé ce principe dans sa Métaphysique[52],
et il ajoute un peu plus loin[53]
que celui qui le nierait serait alors « semblable à une plante » . Mais
n’est-ce pas là précisément ce que recherchent ses négateurs, à travers le monisme
et le panthéisme[54]
? En effet, si l’on est plante, ou bête dénuée de libre-arbitre et
d’intelligence, point de morale à respecter. Pour folie qu’elle puisse passer
aux yeux de l’homme qui entend assumer sa nature humaine et ne pas refuser le
don que le Créateur lui a fait de l’intelligence et du libre-arbitre, cette
fuite devant ses responsabilités, est une marque de la chute originelle et de
ce fait constitue une tentation de tous les temps et un objectif inavoué de toutes les gnoses, présenté comme le
retour à une prétendue unité perdue (« l’âge d’or »). Tous les monismes,
les panthéismes qui ont été inventés ne visent guère en vérité qu’à cela. Les
théoriciens de la gnose ont compris dès le départ la nécessité de tenter
d’éradiquer (ils disent « dépasser » !) par les sciences occultes (magies,
alchimie) le principe de non-contradiction, ou plutôt l’usage spontané que les
hommes en font. Aujourd’hui, la magie, s’appelle surtout manipulation mentale, brain-control,
désinformation, etc.. C’est bien pourquoi le prétendu « principe du tiers
inclus », négation du principe du tiers exclu, figure parmi les nouveaux
paradigmes que l’UNESCO[55]
demande à l’école de répandre :
[…] renoncer à trouver la solution d'un problème en termes de
" vrai " et de " faux " de la logique binaire, en faisant
appel à des nouvelles logiques et, tout particulièrement, à la logique du
tiers inclus […]
L’idéologie que l’on appelle « écologie
profonde » propose, non sans succès, à ses adeptes et au-delà, au reste du
monde, d’atteindre à « une sagesse ». Comment ? L’un des maîtres du moment,
Alain de Benoist, chef de file de la Nouvelle Droite, nous le dit :
[…] par la réalisation de soi
(self-realization), [laquelle] passe par un processus d'auto-compréhension
fondé sur un dialogue avec la nature, dialogue permettant à l'homme de
découvrir sa propre nature et de donner un sens à sa vie. Elle implique l'abandon
du principe de non-contradiction au profit d'un nouveau modèle cognitif, de
type « mythopoïétique », grâce auquel l'individu peut transcender son moi et
faire l'expérience de l'union des contraires (coincidentia oppositorum)
en s'identifiant à la nature considérée comme un grand être vivant.[56]
L’écologie constitue un levier très
puissant typiquement gnostique car elle entraîne une masse considérable de gens
dans l’adhésion empressée à un faux messianisme en leur fournissant l’occasion
de passer pour bons sans avoir à se convertir : les zélotes
intransigeants du tri sélectif se rencontrent souvent parmi les contempteurs
non moins intransigeants de toute hétéronomie et de toute obligation morale.
Mais comment peut-on bien s’y prendre
pour extirper le principe d’identité des règles innées de la pensée humaine ?
En développant une sophistique sur le changement (brillamment élucidé par
Aristote et saint Thomas) et en provoquant des confusions mentales sur
des réalités proches mais distinctes auxquelles il est facile de faire
adhérer ceux qui pressentent d’instinct qu’il y a là une piste pour déqualifier
le péché.
Concurremment au changement, la
sophistique porte sur la fausse proximité des notions de complémentarité et
d’opposition. On commence par en exposer la différence pour donner un gage
d’honnêteté, puis on finit par les confondre en une même symbolique (Rebis,
androgyne, croix, etc.) L’occultiste René Guénon (1886-1951), nous déploie tout
son art de sorcier pour nous pousser à commettre cette confusion mentale dans Le
symbolisme de la croix[57].
Au chapitre VI il nous entretient d’abord de « L’union des complémentaires »,
idée qui n’a rien en soi de paralogique (il y a bien une complémentarité entre
l’homme et la femme) pour nous conduire en fin de compte à l’idée « d’Homme
Universel » :
A ce point de vue, l’union des
complémentaires devra être considérée comme constituant « l’Androgyne »
primordial dont parlent toutes les traditions [sauf la catholique (NDLR)] ;
sans nous étendre davantage sur la question, nous pouvons dire que ce qu’il
faut entendre par là, c’est que, dans la totalisation de l’être, les
complémentaires doivent effectivement se trouver en équilibre parfait, sans
aucune prédominance de l’un sur l’autre. […]
Au chapitre suivant, au passe à la «
Résolution des oppositions ». Le maître commence par nous dire « qu’il importe
de ne pas confondre ces deux notions, comme on le fait quelquefois à
tort ». Néanmoins il fait remarquer que « l’unité principielle [ ?]
exige qu’il n’y ait pas d’oppositions irréductibles » et que
s’il est vrai que l’opposition entre
deux termes existe bien dans les apparences et possède une réalité relative à
un certain niveau d’existence, cette opposition doit disparaître comme telle et
se résoudre harmoniquement, par synthèse ou intégration, en passant à un niveau
supérieur. […] Le centre de la croix [dont la symbolique a été réaffectée par
les gnostiques pour mieux entraîner les chrétiens qui ne voient pas que leur
religion a été retournée (NDLR)] » est donc le point où se concilient et se
résolvent toutes les oppositions. […]
Le lecteur l’a compris, l’abandon du
principe de non-contradiction est l’instrument conceptuel fondamental du retour
à l’Un, qui est l’objectif de la Ré-volution. C’est dire l’intérêt qu’y
portent de longue date les élites de la synarchie. Tel fut le cas de Nicolas de
Cuse au XVe siècle. En pleine Chrétienté, un cardinal de l’Église Catholique
Romaine, Nicolas de Cuse, ou de Cusa, ou de Cues, ou Cusanus en latin, dit
encore « le Cusain », (1401-1464), pétri des doctrines néo-platonicienne et
pythagoricienne, initié à la magie et d’une manière générale à tous les
occultismes, a prôné ouvertement la coincidentia oppositorum pour
« atteindre Dieu » en qui « se réalise le passage du multiple à
l’Un ». On ne s’étonnera donc pas du fait qu’il a donné une « solution »
au problème mathématique célèbre dit de « la quadrature du cercle », et qui
consiste à tracer à la règle et au compas un carré ayant la même aire qu’un
cercle donné. Précisons que l’on sait depuis 1882 que la chose est impossible.
Mais il est bien vrai qu’en oubliant le principe de non-contradiction, on peut
« démontrer » n’importe quoi … et son contraire !
Par contre, on pourrait davantage
s’étonner du fait qu’il n’ait jamais été condamné par Rome. Il était même
tellement en cour sous le pontificat de Pie II, qu’on le qualifiait, paraît-il,
de « vice-pape ».
Cependant, si la Révolution travaille à
l’éradication du principe de non-contradiction pour tenter d’opérer - en
apparence évidemment -, sa reductio ad Unum, elle souhaite pourtant
le conserver pour les activités fabricatrices de l’homme, dans la mesure où
elle attend beaucoup de la Science et de la Technique pour réaliser des
prodiges dans le même but :
Dans la philosophie, la religion,
l’éthique[58] ou la
politique, deux et deux peuvent faire cinq, mais quand le chiffre désigne un
fusil ou un aéroplane, deux et deux doivent faire quatre.
Georges Orwell, ibid., pp. 280-281.
Il s’agit donc d’opérer cette éradication de manière disjonctive,
tâche confiée à l’école. S’en acquitte t-elle avec succès ? On peut dire
que oui avec les éléments simultanément doués et vicieux ; quand on à la
masse, c’est beaucoup moins vrai puisque tous les enseignants déplorent un
accroissement du « n’importe quoi » dans les copies toutes matières
confondues et une nette érosion du sens logique dans les disciplines
scientifiques chez les élèves et les étudiants. Mais qui les
forme ? !
Conséquences du viol du PNC sur l’équilibre mental de l’homme
La contradiction crée chez ceux qui ne
sont pas encore complètement transformés en plantes - qu’ils en soient
conscients ou non - des tensions psychiques s’apparentant à une
véritable torture mentale permanente.
Il en résulte des déséquilibres plus ou
moins profonds, pouvant aller jusqu’à la schizoïdie, voire à la schizophrénie.
La contradiction la plus profonde, la
plus répandue et qui passe totalement inaperçue dans le monde moderne est l’athéisme.
Tout le monde se comporte comme s’il possédait l’aséité[59]
(on se fait juge de tout selon ses
propres « valeurs », etc.), alors qu’il est patent que les faits lui hurlent le
contraire (mort, maladie, incapacités et limitations de toutes sortes,
etc.) :
[…] Telle serait le processus de sortie
de soi que postule la situation intenable de l’homme : celui-ci a conscience de
ses limites, il ne peut les éviter et, en même temps, il ne peut davantage se
tenir à l’intérieur de ses limites.
Prométhéen ou luciférien, l’homme selon
Bataille veut devenir un être « souverain », être sa propre loi, être soi-même
devant soi-même, se voir tel qu’il est et s’aimer. […][60]
Seulement, Dieu, lui, n’a pas de
rhumatismes et n’oublie pas ses clés.
On sait comment « les durs », ceux qui,
atteints du même mal mais qui choisissent de résister et de s’endurcir dans le
refus de la vérité traitent ceux « qui craquent » et dont le spectacle qu’ils
offrent constitue une dénonciation obscène de leur propre mensonge. Ils les
traitent par le Valium©, la psychanalyse - qui est une anesthésie de la conscience
-, voire par l’enfermement dans les hôpitaux psychiatriques. Quand à eux, les
durs, lorsqu’ils ils refusent la castration mentale par les psychotropes, ils
tentent de résoudrent leurs contradictions en projetant leur mal sur les
autres. A cet égard, on peut se demander avec effroi jusqu’où ira
l’agressivité universellement répandue aujourd’hui et que l’on voit s’accroître
à vue d’œil. Le juridisme que l’on se plait tant à dénoncer n’a pas d’autre
cause. On peut ici étudier le tableau relatif à l’amour désordonné de soi-même
figurant à la fin de cette page.
La
subversion met en circulation des mots de sens équivoque qui possèdent une
curieuse vertu : ils laissent entendre que les sujet à qui ils s’appliquent (et
même, le plus souvent, qui se les appliquent) possèdent une qualité
originale rare, à rebours de l’opinion commune. « Ouvert » en est un
exemple typique : « Oh, vous savez, ma fille de 14 ans prend la
pilule, mais je suis ouvert, on ne peut plus vivre aujourd’hui comme autrefois.
D’ailleurs, autrefois, vous savez, ce n’était pas mieux, … » On pourrait
citer aussi « tolérant », qui s’emploie à peu près dans les mêmes
circonstances. En réalité ces mots, non seulement banalisent des actes et des
comportements subversifs, mais les requalifient en actes vertueux qu’il est
valorisant de soutenir et de vanter.
D’autres
mots ont la caractéristique de faire frémir de manière réflexe à leur seule
évocation, car les esprits ont été programmés depuis la petite enfance pour
qu’il en soit ainsi. « Discrimination » est de ceux-ci. Pourtant le
mot désigne quelque chose de très banal : effectuer une discrimination,
c’est effectuer un tri, un départ. A tel point que le mot
« discriminant » est utilisé depuis des lustres dans la théorie de
l’équation du second degré enseignée dans tous les lycées de France et de
Navarre : qui ne se souvient du célèbre b²-4ac - devenu d’ailleurs synonyme de
discriminant en général par synecdoque ?!
C’est un nombre dont le signe permet partager les équations en trois
catégories disjointes : si b²-4ac <0 l’équation n’a pas de racine
(réelle), si b²-4ac >0 elle a une racine double, si b²-4ac = 0 elle a deux
racines distinctes. Il n’y a vraiment pas de quoi frémir (sauf si l’on n’a pas
appris sa leçon !). Oui mais
voilà : depuis quelques années, le mot a dû être trouvé suffisamment
prégnant pour être élevé au statut de hot word et ainsi devenu plus ou
moins synonyme de génocide ethnique par association systématique (dans les
médias et l’école) à des horreurs passées, et emploi en ce sens par les plus
hauts responsables politiques et les nouvelles pythies, qualifiées de
« philosophes » ou de « grands humanistes » (chacun les
reconnaîtra). A chaque fois que ce mot de « discrimination » est prononcé,
il se produit automatiquement un amalgame entre l’objet du discours et des
faits passés horribles et hélas le plus souvent bien réels (bien que non nommés
et laissés dans le vague et l’indétermination) mais en tous cas sans rapport
avec la situation dans laquelle ce terme est employé. L’auditeur tétanisé par
l’effet de ce hot word est près à signer et accepter toute fusion
inacceptable dont le refus serait censé conduire aux mêmes horreurs.
C’est
là que nous en arrivons à la prière des pharisiens : « Mon Dieu, je
vous remercie de ne pas m’avoir fait comme tous ces ***istes[61] ».
Se déclarer « contre les discriminations », et, mieux encore
« contre toutes les
discriminations » (celle entre la plante verte et l’homme ?), est
hautement gratifiant bien que parfaitement contradictoire, puisque ce faisant,
on établit ... une discrimination entre les bons auxquels on se targue
d’appartenir et les suppôts de la bête immonde. Il serait trop facile de citer
d’autres exemples de tels mots se terminant par « isme ».
Ainsi,
des pots de vins sont mis gracieusement à la disposition de tous : il
suffit de les empocher.
La disproportion
entre les causes et les effets, qui est le fondement du rire, laisse sceptiques
la plupart des personnes de bonne volonté[62]
qui veulent bien se laisser exposer les principes de la manipulation des
masses, et leur scepticisme s’explique
fort bien. Sommes-nous alors en train de nous contredire ?
Le diable, être
créé, ne jouit pas de pouvoirs sans limites et les embûches qu’il tend font
parfois long feu. Il est alors inévitable que certaines manigances, certains
montages des méchants échouent. Le caractère occulte de ces complots fait que
le public n’en est pas informé. Cependant, on peut parfois observer des
événements qui semblent aller à rebours du « sens de l’histoire ».
Dialectique ou ratée pure et simple ? On ne sait. Mais, même s’il s’agit
de ratées, il est certain qu’elles participent au brouillage et, par là-même, sont
encore utiles. Pour apprécier l’efficacité globale d’une séquence de
machinations, il ne faut surtout pas regarder le court terme mais le long
terme. Si on se limite aux cinq derniers siècles pour éviter des
controverses inutiles, le constat est sans appel : la Révolution converge vers son but, et même de plus en plus vite[63].
C’est bien pourquoi on peut affirmer qu’il y
a continuité et cohérence globale dans les complots, donc complot.
Compte-tenu de la faillibilité de leurs opérations
- on ne peut jamais être certain à cent pour cent de l’issue d’une guerre ou
d’une élection -, les wire-pullers ne
peuvent travailler que sur des
probabilités. Voici la reproduction
d’une interview de Zbigniew Brzezinski[64]
parue dans Le Nouvel Observateur de janvier 1998, qui est fort instructive à
cet égard.
« Oui, la
CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes... »
Le Nouvel
Observateur. – L’ancien
directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires[65]
‑ les services secrets américains ont commencé a aider les moudjahidines
afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le
conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc
joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez ?
Zbigniew
Brzezinski [66].
‑ Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux
moudjahidines a débuté courant 1980, c'est‑à‑dire après que l'armée
soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée
secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que
le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine
aux opposants du régime pro-soviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit
une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide
allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.
N. 0. ‑ Malgré ce
risque, vous étiez partisan de cette « covert action » [opération
clandestine]. Mais peut‑être même
souhaitiez‑vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez‑vous
à la provoquer ?
Z.
Brzezinski. ‑ Ce n'est pas
tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous
avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent.
N. 0. ‑ Lorsque les Soviétiques ont justifié leur
intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence
secrète des Etats‑Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant,
il y avait un fond de vérité... Vous ne regrettez rien aujourd'hui?
Z. Brzezinski.
‑ Regretter quoi ? Cette
opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les
Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les
Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président
Carter, en substance : « Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa
guerre du Vietnam. » De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans
une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la
démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique.
N. 0. ‑ Vous ne
regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné
des armes, des conseils à de futurs terroristes ?
Z.
Brzezinski. ‑ Qu'est‑ce
qui est le plus important au regard de l'histoire du monde ? Les talibans ou la
chute de l'empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de
l'Europe centrale et la fin de la guerre froide ?
N. 0. ‑ « Quelques excités » ? Mais on le dit et on le
répète : le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace
mondiale...
Z. Brzezinski. ‑Sottises! Il faudrait, dit‑on, que l'Occident ait une
politique globale à l'égard de l'islamisme, C'est stupide : il n'y a pas
d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique
ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de
fidèles. Mais qu'y a‑t‑il de commun entre l'Arabie Saoudite
fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro‑occidentale
ou l'Asie centrale sécularisée ? Rien de plus que ce qui unit les pays de la
chrétienté...
Propos recueillis par
VINCENT JAUVERT
Nous invitons le lecteur à méditer ce texte quant à
l’ensemble de ses aspects : aveu des manigances, de la désinformation, de la
tactique probabiliste, et, last but not
least, indication de la pensée
profonde des américains sur le l’islamisme. Ils savent parfaitement qu’ils
pourront en venir à bout le moment venu – comme il en fut dans le passé du
nazisme. Pour l’heure, il constitue un excellent
prétexte, toujours disponible pour porter la guerre révolutionnaire, appelée
« lutte contre le terrorisme » où et quand ils le souhaitent. On
observera combien les positions exprimées dans cette interview contredisent le
discours actuellement tenu una voce
par « la communauté internationale » et repris par les médias, y compris prétendument
contre-révolutionnaires et catholiques. Ceci en dit long sur l’accord de
fond qui règne entre des pays aussi différents que la France, la Chine ou les Etats-Unis
malgré leurs conflits d’intérêts : ils œuvrent chacun à leur façon, mais
de manière convergente, à l’établissement de la « grande république »
chère au Chevalier de Ramsay.
On pourra nous rétorquer que les déclarations de M.
Z. Brzezinski constituent en soi une désinformation. Nous ne le pensons pas.
Nous les rattachons plutôt aux forfanteries dont ne peuvent se priver les
orgueilleux après qu’ils ont réussi « un coup ».
Nous invitons le lecteur à considérer à la lumière
de ce qui précède certains évènements relatés avec insistance par les médias et
qui, au départ, paraissent fortuits. Opérés par des agents qui, de toute
évidence ne peuvent « être dans le coup » ne serait-ce que par le
fait que, dans l’opération, ils sont victimes, ils connaissent souvent des
développements inattendus, d’une importance sans commune mesure avec le fait
déclenchant, même si la trame s’étire sur une période relativement longue. Si
l’on multiplie aux maris les occasions de tromper leurs femmes (déplacements
obligés, femmes au travail, banalisation de l’adultère opérées par les films,
les romans, la contraception, etc.), sans leur commander, nature déchue aidant,
certains le feront, c’est très probable. Il suffit alors que des structures ad
hoc (divorce, ignorance légale de la notion de faute, etc.) soient en place
pour que la suite du scénario s’écrive mécaniquement : dissolution rapide
de l’ordre naturel et chrétien.
L’exemple précédent montre que la Révolution prend
appui, non sur les vertus, mais sur les vices, ce qui suffirait déjà à montrer
son caractère diabolique : pousser son semblable à commettre un péché est
plus grave que de le commettre soi-même. L’invraisemblable contagion mimétique
du mal au sein de l’humanité déchue, par les réactions en chaîne qu’elle
provoque démultiplie alors souvent les effets d’une faute initiale restreinte,
qui peut alors prendre des proportions planétaires. Ce phénomène n’avait pas
échappé à Hegel, qui avait été fort impressionné - pour ne pas dire émerveillé
- par l’ampleur des conséquences d’un vol de soieries venues d’orient et
contaminées par la peste[67].
Un fait déclencheur initial banal et restreint - la cupidité de quelques
voleurs - avait eu des conséquences mesurables en milliers de morts.
A cet égard, il convient de signaler un vice
particulièrement pernicieux et qui semble aujourd’hui presque
universellement répandu : la critique permanente de ses semblables, même si
c’est pour dénoncer des tares réelles. Ces critiques ad hominem, en
tant qu’elles n’ont pas de fin réelle autre que la prière pharisaïque, sont
néfastes pour plusieurs raisons :
- Elles se répandent particulièrement bien par
mimétisme.
- Elles constituent presque toujours des péchés
de médisance, et de ce fait font marquer des points à la Révolution,
laquelle cherche à perdre des âmes.
- En tant qu’elles sont ad hominem sans pour
autant être destinées à corriger leurs auteurs, elles constituent des offenses
à la charité et installent un état d’esprit impropre à accueillir la grâce de la
conversion et la grâce en général.
- Elles font oublier les propres faiblesses de qui
les profère et de qui les écoute, lesquels parfois font pire
conformément à la parabole de la paille et de la poutre.
- Elles pourraient être bonnes si elles servaient à
mettre en garde contre un danger ou à dénoncer des structures ou des phénomènes
subversifs, mais c’est rarement le cas. Le plus souvent, même, elles empêchent
de le faire, en se déplaçant l’attention sur les personnes, l’écartant d’autant
des principes.[68]
- Elles détournent du bon combat, lequel ressortit
à la charité (« Certa bonum certamen », Tim 6, 12), ne
saurait s’identifier au persiflage et exige travail assidu, ascèse et maîtrise
de soi.
La Révolution le sait bien, et c’est pourquoi elle
favorise ce genre de comportement. Le lecteur reconnaîtra sans peine les
publications - surtout une, paraissant le mercredi - qui sont spécialisées dans
l’incitation à la médisance universelle. La lecture assidue de ce type de prose
des années durant installe des habitus pratiquement inamissibles chez ceux qui
s’y adonnent, surtout si le genre « littéraire » en est le pamphlet
assaisonné au calembour.
On se doit, dans le même ordre d’idées, d’exhorter
le lecteur à ne pas se laisser entraîner à user du vocabulaire de la Révolution
car c’est déjà y appartenir un peu : « gros mots » ou même seulement
abréviations dévalorisantes comme « flics », « profs »,
« O.K. », « Ouais », etc[69].
Nous connaissons tous des personnes issues de vieilles
familles catholiques et qui ont suivi les réformes conciliaires « par
obéissance », en tous cas selon leurs dires. Ces familles sont
représentatives de ce qui constituait – numériquement s’entend – le gros des
fidèles réguliers de la messe dominicale des années cinquante et soixante. Ils
auraient dû, ils auraient pu, former un puissant barrage face à l’apostasie
organisée. Etant souvent « des notables », ils en avaient les
moyens : intellectuels, matériels, culturels, relationnels. Il n’en a rien
été. Il ne nous appartient pas de les juger, mais c’est un fait : non
seulement ils ont fait défection, mais encore le petit bataillon des
catholiques fidèles les a trouvés face à lui, et ils y sont plus combatifs[70]
que jamais. Aujourd’hui comme peut-être déjà hier, leurs préoccupations
principales semblent être d’ordre civilisationnel :
ils ont une prédilection pour la civilisation chrétienne, comme Charles Maurras
en avait une, bien que naturaliste et panthéiste[71].
Ils votent pour les partis « souverainistes », et souvent y militent.
Ils se réclament du pape, en qui ils louent le défenseur de la famille. Ils
apprécient le Catéchisme de l’Église
Catholique (CEC) de 1992, qui insiste tant, dit-on, sur la loi naturelle et
la Doctrine Sociale de l’Église.
Que Rome nomme à la tête des diocèses des hommes
qui, non seulement ne tiennent aucun compte de la doctrine - jamais niée
officiellement certes, mais jamais enseignée et souvent niée en privé -, mais imposent une praxis rigoureusement inverse,
ils ne veulent pas le voir. Que quelques propositions d’apparence
traditionnelles figurent sur le papier de manière approximative suffit à des
gens importants qui n’ont pas de temps à perdre[72].
Certes, ils recherchent les curés qui de temps à autre font réciter le Credo en
latin le dimanche, mais si « Monseigneur » leur demande de participer
à quelque mouvement de solidarité en
collaboration avec les sociétés d’entraide horizontale, ils y courent et s’y
font photographier par la presse locale. Il en est qui ont même manifesté aux
côtés des sociétés taurines pour réclamer le maintien du Lundi de Pentecôte[73].
Ils fustigent alors les pusillanimes qui ne veulent pas les suivre, citant à
contre-emploi le célèbre aphorisme de saint Pie X : « La force
principale des mauvais, c’est la lâcheté et la faiblesse des bons. »
Vraiment, ces catholiques sont irremplaçables, et il leur incombe de
« s’engager » !
Qu’ils sachent
bien que la Révolution le souhaite
ardemment. Et pourquoi donc ?
1°/ Parce qu’en leur laissant faire quelques
bulles, on laisse croire que leur point
de vue pourrait être entendu : le régime y conforte l’image de
tolérance à laquelle il tient pour masquer sa nature auprès du public. Dans le
même temps, notamment lorsqu’ils manifestent par exemple sur les questions
touchant à l’avortement, ils excitent la gauche anticléricale, qui réagit
violemment à leurs actes avec une ampleur sans commune mesure avec celle de
leur propre action. Résultat : exactement inverse à celui attendu (par eux
s’entend.) Bravo la dialectique.
2°/ La subversion en profite pour faire apparaître
les catholiques non comme ils sont (ou plutôt hélas comme ils devraient être),
mais comme elle veut qu’ils apparaissent, c’est-à-dire conformes aux
paradigmes signifiés par les hot words (cf. supra Appel des
Pharisiens à la prière publique) en « isme ». Rien de plus facile une
fois ces paradigmes et les termes qui les signifient inculqués dans les
cervelles : il suffira par exemple de faire apparaître au 20 H un prêtre
(qualifié ou non « d’intégriste » par le speaker) en soutane aux
côtés d’un leader de « l’extrême-droite »[74] :
la réaction alchimique se produira d’elle-même dans l’esprit des chers
téléspectateurs.
3°/ Ceux qui sont ainsi jetés dans l’activisme confortent leur appartenance à la
Révolution, déjà acquise par l’acceptation du régime et de ses
instruments : n’est-ce pas aux hommes d’organiser eux-mêmes leur planète ?
N’est-ce pas à ceux dont la silhouette se découpe en haut de la colline d’en
prendre la tête ? Et ils y prennent
goût, travaillant rapidement pour la seule
satisfaction de leur propre vanité en feignant, y compris à leurs propres
yeux, de travailler à l’avènement de la Cité Chrétienne (alors que s’ils se
retournaient, ils pourraient voir que le Grand Œuvre est presque achevé et que
la Cité chrétienne n’y a évidemment nulle place.). La Révolution qui les y
pousse, elle, sait parfaitement que « La nature aime à recevoir les
respects et les honneurs.[…] La nature craint la confusion et le mépris. »[75]
. Ceci fait d’ailleurs aussi que, même s’il viennent à avoir quelques doutes
sur la valeur de leur action, nos militants préfèrent en général s’enkyster
dans l’erreur plutôt que de se déjuger publiquement.
4°/ Pour cette dernière raison, la même Révolution
sait encore qu’elle n’a rien à craindre de cette agitation, car elle sait bien,
elle, que « Toute plante que n'a
pas plantée mon Père céleste, sera arrachée. »[76].
5°/ La Révolution sait enfin que l’excitation
mentale et physique permanente qui affecte nos catholiques engagés dans
l’activisme politique de droite plus ou moins radicale les empêche de réfléchir en profondeur, ce qui est vital pour elle.
D’ailleurs l’activisme politique possède toujours une composante
« économique », l’économie étant un domaine sur lequel on pense avoir
plus facilement prise et trouver une audience plus large. On se fait alors tout
naturellement l’avocat du libéralisme (économique), que l’on pense être en
opposition absolue avec le communisme. On oublie simplement qu’il s’agit que
capitalisme et communisme sont deux pôles dialectiquement opposés, propriété
commune … de la Révolution. Et en effet, lorsque l’on a l’esprit agité en
permanence par les vicissitudes économiques et les tribulations des pantins qui
s’agitent sur la scène publique, il n’y a pas de place pour le Bon Dieu.
[…]
- Vous croyez que le communisme, c’est quoi ? « Le
pouvoir aux bolcheviks plus l’électrification des campagnes ? [...] »
- [...] Quand je me suis regardé dans la glace, que
j’ai tendu le doigt et que j’ai dit « Voilà un bolchevik! », j’ai senti
que je m’étais majoré moi-même. Seulement, dans l’entre-temps, j’avais appris,
progressivement, le vrai sens du mot. Un bolchevik, ce n’est pas un protecteur
de la veuve et de l’orphelin, comme vous le croyez, ni un lutteur contre les
forces d’ombre, comme je l’avais cru moi-même, ni un prolétaire plus conscient,
ni un économiste plus averti, ni un prophète plus éclairé, ni un dialecticien
plus logique. Ces représentations qui sortent les unes des autres sont comme
nos poupées russes : toutes à limage de la vérité, la serrant de plus en
plus étroitement, donc toutes vraies. Et pourtant, toutes fausses, jusqu’au
moment où on atteint la dernière, celle qui ne s’ouvre plus, le noyau sous la
chair, la particule infissible, la vérité vraie. J’avais voulu devenir
bolchevik, je l’étais, mais ce n’était pas ce que je pensais, c’était mieux,
infiniment mieux.
[…]
Il redevint grave, tira sur ta cigarette :
- Bolchevik, cela ne veut pas dire celui qui a la
majorité, mais celui qui en veut toujours plus. De majorité et d’autre chose.
Quand il atteint B, il vise C, et ainsi de suite. Les imbéciles nous accusent
de changer de visage comme eux de chemise ; ils ne comprennent pas que
notre visage, c’est précisément cela : le changement[77].
Le bolchak, c’est la grand-route, et le bolchevik, c’est celui qui a enfilé la
grand-route. On nous accuse d’opportunisme, c’est accuser le soleil de briller.
[...] La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité. C’est difficile à comprendre,
c’est quelquefois amer à digérer, mais une fois qu’on a accepté, c’est
magnifique. La vérité, c’est ce que je trouve dans mon journal d’aujourd’hui.
Celui d’hier ment, toujours. Celui d’aujourd’hui dit la vérité, toujours.
C’est pour cela que la Pravda s’appelle la Pravda. [...] La seule vérité, c’est
l’addition. Pas ce qu’on ajoute, l’action d’ajouter. Quiconque se soustrait à
l’histoire est soustrait de l’histoire. Parce que la seule vérité, c’est
l’histoire, cette addition permanente. A chaque nouvel échelon gravi, on se
trouve un peu plus grand. C’est cela, être bolchevik : c’est devenir plus
grand.
[…]
Chaque instant qui fait clic nous rapproche du but
que nous n’atteindrons pas, comme l’hyperbole l’axe : c’est précisément là
notre grandeur qui vous échappe, à vous autres, et à une bonne part de nos
propres doctrinaires. Nous ne nous nourrissons pas du beaucoup, comme vos
gros-pleins-de-soupe, mais du davantage. [...] Nous ne sommes pas la somme,
nous sommes l’addition, vous comprenez cela ? Nous ne sommes pas affectés du signe :
nous sommes le signe +.
[…]
- L’humanité entière, nations
éclatées, races mélangées, cultes abolis, différences interdites, nous sera
servie sur un plateau comme la tête de votre Baptiste.
[...][78]
Sans doute, nos militants des partis politiques[79]
souverainistes ou de « la vraie droite » vont-ils s’offusquer et
tonner qu’ils n’ont rien à voir, eux, avec les communistes qui sont décrits
ici. Pourtant, lorsqu’ils signent des pétitions ou défilent dans la rue pour ou
contre ceci ou cela, ils participent bel et bien à l’agitation universelle qui
hâte le moment ou la grande fusion sera achevée, si elle doit l’être un jour.
De plus, en s’opposant de manière sauvage à des décisions - même iniques -
prises par les autorités en place, ils participent bel et bien à la destruction
du principe d’autorité, objectif majeur de la subversion (cf. infra).
Autrement-dit, dans un cas comme dans l’autre, … ils font la révolution. Il
convient d’ailleurs d’observer que les autorités organisent elles-même
savamment la sape … de leur propre autorité. Cela est particulièrement criant
de nos jours dans les lycées.
Qui
n’est pas marxiste à quelque titre ?
Tout le monde, ou presque est matérialiste athée, panthéiste
de fait (notamment au travers de l’écologisme qui, n’exigeant nullement la
conversion du cœur et étant dépourvu de contraintes morales se développe
rapidement dans tous les milieux) … Les femmes travaillent, avortent,
s’habillent en hommes, … Le concubinage
et la contraception deviennent la règle, le mariage chrétien et la fidélité,
l’exception, ... L’euthanasie est en voie de légalisation, l’eugénisme se
profile à l’horizon, … L’œil de Big Brother s’installe partout, le plus souvent
avec l’approbation des populations (oremus « Moi, je n’ai rien à
redouter »), … Les cadres clament les bienfaits du désormais
incontournable « travail en équipe » … Les informaticiens se
félicitent du passage de « l’architecture hiérarchique » des systèmes
informatiques qui prévalait dans les années 70 à celle dite
« répartie » qui est maintenant généralisée, sans voir que c’est
surtout le mode de pensée horizontal
que l’on veut par là inculquer aux « citoyens du monde », aux
habitants de « village global » … Le monde savant raisonne
uniquement en termes de causalité
phénoménale… Les néo-chrétiens ne parlent plus de la Providence ou du démon
que pour en rire (oremus : « Merci mon Dieu de nous avoir préservés
de toutes ces croyances moyenâgeuses ! »). Et pourtant que sont nos
irremplaçables assurances - si chères au grand « humaniste » que fut
Winston Churchill - sinon des instruments destinés à nier pratiquement l’action
de la Providence[80] ? Mais
c’est peine perdue :
Pourquoi les nations
s'agitent-elles en tumulte,
Et les peuples
méditent-ils de vains projets ?
Les rois de la terre se
soulèvent,
Et les princes tiennent
conseil ensemble
Contre Jéhovah et contre
son Oint.
« Brisons leurs liens,
disent-ils,
Et jetons loin de nous
leurs chaînes ! »
Celui qui est assis dans les
cieux rit,
Le Seigneur se moque
d'eux.
Alors il leur parlera
dans sa colère,
Et dans
sa fureur il les épouvantera. (Ps 2, 1-5)
Nous entendons déjà les : « Alors, vous
êtes contre le progrès ! » Qui saura répondre ? L’amélioration
des instruments nécessaires à la vie est évidemment souhaitable sous le rapport de la simple nature, mais la fin ultime des actes humains étant
d’ordre surnaturel, c’est sous ce rapport-ci que la simple nature doit être
encadrée, les choix politiques appréciés et réglés. Là doit être recherché
le bien commun, état à atteindre pour permettre au troupeau d’aller au
Ciel, ceci par le moyen d’une organisation ad hoc de la société, qui
sache encadrer l’homme déchu et racheté, homme déchu toujours enclin au
mal. Hélas, les chefs en charge de nos destinées ne proposent nullement le
bien commun ; ce qu’ils proposent - sans d’ailleurs y parvenir, car c’est
la loi du plus fort et du plus rusé qui prime -, c’est « l’intérêt
général », qui est adapté à la fin de homme naturel, voué à la mort.
Les machines et autres équipements modernes
auraient pu, en réduisant le temps consacré aux tâches ingrates, contribuer à
ce que l’homme mette davantage à profit les facultés qu’il possède en propre et
qui le différencient de l’animal. C’est tout le contraire qui s’est produit. La
cupidité, ou concupiscence des yeux s’est déchaînée, les forts disposant de
nouveaux instruments de domination. Nous avons toujours en tête les paroles
d’un vieux paysan de la région toulousaine ne parvenant plus à vivre de la
terre que lui avaient transmise ses aïeux et qu’il faudrait pouvoir reproduire
avec l’accent rocailleux qui était le sien : « Quand on a vu arriver
les premiers tracteurs dans les années 50, on s’est dit : « on est
sauvés » », puis après un long silence : « Les tracteurs, y
nous ont tués. » « Les tracteurs » (comprenons, le machinisme)
ne l’ont pas tué au sens propre, mais ils ont à coup sûr détruit la société
organique de laquelle participait cet homme et sa famille. Peut-être leurs enfants
sont-ils maintenant des prolétaires bien déracinés et manipulables ad
libitum dans quelque grande cité. Les tracteurs les ont tués car la fin des
tracteurs, non en tant que tels mais en tant que truelles babéliennes, était
tout autre que de les soulager : les nouvelles technologies en rendant
obsolètes les anciennes, produisent du
mouvement et rapprochent le moment où l’homme déifié (?!) sera incorporé au
Grand Tout.
Le « développement » (surtout s’il est
« durable »), « la civilisation », « la ville »,
etc. sont des termes qui sont considérés comme positifs par les électeurs. En
vérité, ils désignent la poursuite de la construction de la tour de Babel,
condamnée par Yahweh en Gn 11, 1-9 :
Toute la terre avait une seule
langue et les mêmes mots. Étant partis de l'Orient, les hommes trouvèrent une
plaine dans le pays de Sennaar, et ils s'y établirent. Ils se dirent entre eux
: " Allons, faisons des briques, et cuisons les au feu. " Et ils se
servirent de briques au lieu de pierres, et de bitume au lieu de ciment. Ils
dirent encore : " Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le
sommet soit dans le ciel, et faisons nous un monument, de peur que nous ne
soyons dispersés sur la face de toute la terre. " Mais Yahweh descendit
pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et Yahweh
dit : " Voici, ils sont un seul peuple et ils ont pour eux tous une même
langue; et cet ouvrage est le commencement de leurs entreprises ; maintenant
rien ne les empêchera d'accomplir leurs projets. Allons, descendons, et là même
confondons leur langage, de sorte qu'ils n'entendent plus le langage les uns
des autres. " C'est ainsi que Yahweh les dispersa de là sur la face de
toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville. C'est pourquoi on lui donna
le nom de Babel, car c'est là que Yahweh confondit le langage de toute la
terre, et c'est de là que Yahweh les a dispersés sur la face de toute la terre.

Quelques tours de
Babel parisiennes : l’obélisque de la Concorde, la tour Eiffel, la tour
Montparnasse, …
La condamnation est claire : la multiplicité des
langues et des nations est une punition divine destinée à châtier l’humanité
déchue (« punition de Babel ») pour la tentative de fusion qu’elle avait
initiée aux fins d’être Dieu à la place de Dieu. Mais, encore une fois, cette
reconstruction promise à l’échec :
Et alors se découvrira l'impie,
que le Seigneur (Jésus) exterminera par le souffle de sa bouche, et anéantira
par l'éclat de son avènement. (2-Th 2, 8)
Pousser
en tout à la dépendance mutuelle
L’un des aspects de la subversion auxquels il est
particulièrement difficile de résister, et même, disons-le, souvent impossible,
est la dépendance par incorporation forcée à un réseau, local et
restreint au départ, mais in fine mondial. Il est évidemment impossible
de dresser un panorama exhaustif de ce poison à effet retard. Contentons-nous
d’en signaler deux manifestations dans l’agriculture. Autrefois, un paysan
produisait dans sa ferme à peu près tous les produits dont il avait besoin pour
vivre, pratiquant une polyculture adaptée à sa région. Certes, il devait faire
appel au maréchal ferrant du village pour ferrer ses chevaux ou au meunier de
la localité voisine pour moudre son grain, mais il s’agissait là de choses
qu’il ne pouvait raisonnablement faire lui-même et le village était proche, il
connaissait personnellement le maréchal
ferrant comme le meunier. En vérité, on avait là un bel exemple d’application
du principe de subsidiarité, qui appartient à la doctrine sociale de l’Église.
Sous la pression synarchique et de son instrument
la haute finance, l’agriculture s’est spécialisée, les paysans sont devenus
agriculteurs : céréaliers, éleveurs, viticulteurs, etc. Naturellement,
c’est à chaque fois l’argument de la rentabilité qui a été brandi, argument
appuyé par le contrôle mondial des cours. Même l’éleveur de charolaises
(destinées à la boucherie), s’il a besoin d’un litre de lait, devra l’acheter
au supermarché et il proviendra d’une autre région, voire d’un autre pays. Il
est clair que l’on a quitté la subsidiarité libératrice pour entrer dans une
dépendance aliénante et insaisissable, traitant les agriculteurs comme des
éléments anonymes d’un meccano assemblable et désassemblable à merci. Mais ce
n’est pas tout. Ne quittons pas l’élevage. Il y a encore une quarantaine
d’années, le paysan qui vendait une vache pour la viande, la vendait
directement au boucher. Si celui-ci lui en offrait un prix jugé trop bas, il
pouvait s’adresser à tel ou tel autre. Mais des sirènes assurant vouloir leur
bien ont chanté aux hommes des campagnes : « Unis, vous serez plus
forts pour négocier les prix ; formez en groupements d’éleveurs. » Il
s’est même trouvé des prêtres, non seulement pour entonner le cantique, mais
pour initier de tels groupements. Sous le contrôle des Loges. Résultat :
quarante ans après, l’ex-paysan devenu éleveur ne peut plus pratiquement vendre
une bête sans passer par « le groupement » devenu tout puissant.
Ajoutons que, bien entendu, pour obtenir des crédits et ses subventions
(quoique plus pour très longtemps) notre moderne agriculteur devra voir sa
comptabilité confiée à un « centre de gestion agrée ». Bien souvent,
on le poussera à se constituer en « GAEC »[81]
avec des associés...
Remarque. On voit surgir actuellement dans les campagnes, ici ou
là, quelques petites exploitations - parfois tenues par des anglais ou des
hollandais -, qui, sous certains rapports, ne sont pas sans rappeler nos fermes
disparues. Mais il n’en est rien. Outre le fait que ce phénomène est très
marginal, les familles qui tiennent ces petites entités appartiennent presque
toujours à la mouvance écologiste et à ses réseaux. Ce sont des panthéistes
adorateurs plus ou moins conscients de Demeter et, bien que les décrets de la
Providence soient impénétrables, il nous semble naïf de voir en eux les acteurs
d’une renaissance de la ruralité organique qui survivait encore il y a un
demi-siècle. Bien au contraire, en tant qu’altermondialistes, ils appartiennent
de plein droit à la Révolution.
Le lecteur pourra s’exercer à reconnaître, dans les
activités humaines les plus diverses (travail, loisirs, transports, école,
etc.), les principes d’organisation imposés, toujours sous des prétextes de
nécessité pratique, et de manière plus ou moins détournée, qui poussent à
rendre les gens dépendants alors qu’ils pourraient ne pas l’être. Ainsi, bien
qu’aucun règlement officiel précis ne l’impose, un professeur de lycée ou de
collège ne peut plus aujourd’hui organiser son travail comme il l’entend :
il doit « s’intégrer à une équipe », poser les mêmes sujets de devoir
que ses collègues enseignant dans des classes parallèles, les corriger selon
les mêmes barèmes, utiliser les mêmes ouvrages, se prêter à la
« transdisciplinarité » dont on n’a pas fini d’entendre parler sous
de faux prétextes, etc. Dès son arrivée en poste, il se trouve englué dans un
système de pressions officieuses qui exclut toute autonomie et assure ainsi la
conformité des enseignements aux normes de la révolution silencieuse.
Mais, dira t-on, pourquoi pousser à une telle
dépendance universelle ? La réponse est simple : il faut tout
mélanger, et si un jour le Normand a besoin du Chinois pour boire un litre de
lait et le Chinois du Normand pour manger un kilo de riz, on pourra dire que le
Grand Mélange, le prétendu retour à l’Un, est presque achevé. Le développement
des « agro-carburants » s’inscrit dans la même logique occulte
dissimulée par l’argument écologique. Last, but not least, le brassage des
populations ainsi réalisé apparemment librement, mais en réalité par l’effet
d’une haute science, il est bien clair que le catholique aura perdu la
foi depuis longtemps par contact avec les païens et les fausses religions
(cf. infra).
On entend déjà monter le chant des pharisiens :
« Il faut bien vivre ensemble ! ». Vivre, oui, mais pour quelle
fin ?
Ruiner
partout le principe d’autorité
On oublie trop souvent que toute autorité, même
injuste, « vient de Dieu », en ce sens qu’elle est au moins permise par Lui.
Jésus s’y est soumis docilement lors de sa passion alors qu’il pouvait
pulvériser d’un souffle le Sanhédrin comme le tribunal de Pilate :
[…] Pilate lui dit : « C'est à moi
que tu ne parles pas ? Ignores-tu que j'ai le pouvoir de te délivrer et le
pouvoir de te crucifier ? » Jésus répondit : « Tu n'aurais sur moi aucun
pouvoir, s'il ne t'avait pas été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui m'a
livré à toi a un plus grand péché. (Jn 19, 10-11)
L’univers créé obéit à un ordre rigoureux, voulu
tel par le souverain Plasmateur. Cet ordre s’étend aux sociétés humaines. C’est
bien pourquoi l’Église est une société hiérarchique, ce n’est pas une société
d’égaux. Il ne peut en aller différemment de la société civile. Et il est clair
qu’une société hiérarchique ne peut fonctionner que si le principe
d’autorité est respecté : le subordonné doit obéir à son supérieur[82]
et le respecter, même s’il est injuste et s’acquitte mal de sa tâche.
L’autorité n’implique nullement l’infaillibilité[83] :
on n’obéit pas au chef parce qu’il ne se trompe jamais - ce qui serait obéir en
fait à soi-même en appliquant le fruit de sa délibération -, mais parce que
c’est le chef. Le fruit de cet ordre est la paix : pax omnium rerum
tranquillitas ordinis, la paix est la tranquillité de l’ordre, dit saint
Augustin (De Civitate Dei, Lib. XIX, 13.).
Mais nos tireurs de ficelles, soumis qu’ils sont à
la tyrannie de leur ego qu’ils sont, ne l’entendent nullement ainsi, ne pouvant
supporter un ordre qui n’émane pas d’eux, ni même en fait quelque ordre que ce
soit. C’est pourquoi la Révolution cherche à ruiner tout ordre et, mieux
encore tout principe d’ordre. Paradoxalement, elle ne peut y parvenir
que par le pouvoir, donc par l’ordre, un ordre qu’elle usurpe en cachant ses
objectifs au vulgaire, qu’elle dupe, pour disposer de la force publique. Qui
sait voir voit ainsi partout le pouvoir - aux mains des initiés depuis plus de
deux siècles - organiser sa propre contestation et miner le navire. L’école -
mais pas seulement elle - est aux avant-postes pour former l’esprit des jeunes
gens dès leur enfance la plus tendre à tout contester et à ne rien respecter.
Tant-pis si le boomerang revient, comme il arrive parfois, dans la figure de
ceux qui le lancent. Cette mise en forme des esprits prend presque toujours des
aspects indiscernables par le public, même cultivé[84].
En 1997 fut inaugurée une nouvelle matière dans les Classes Préparatoires aux
Grandes Écoles (scientifiques) : les « Travaux d’initiative
personnelle encadrés » (TIPE). Il s’agit, pour les élèves, de réaliser ce
qui peut s’apparenter à un mini-travail de recherche, sur un sujet choisi
librement par eux en dehors du programme de la classe et portant de
préférence sur plusieurs matières (transdisciplinaire) et dont ils ignorent -
souvent au dernier degré - les bases scientifiques (bien souvent, ils ne
connaissent même pas le programme de la classe). Les professeurs qui les
encadrent n’ont parfois eux-mêmes que des idées fort vagues sur la question, ce
qui est prévu par les concepteurs, voire souhaité. L’expérience montre que la
difficulté du sujet choisi n’est pas toujours proportionnée au niveau
scientifique réel de l’élève, la disproportion pouvant être du dernier ridicule
en certains cas. Naturellement, la justification officielle de ces TIPE est la formation
à la très gnostique Recherche, quête du Graal des temps modernes. Quels sont
donc les principaux effets de cette nouvelle « discipline » (qui
précisément n’en est pas une) ?
- Éloignement et dédain de l’étude au sens
propre du terme, qui consiste en l’acquisition laborieuse de connaissances
objectives, opération où l’ego n’a pas sa place, où il faut s’oublier,
c’est-à-dire en fin de compte obéir. Ici, l’ego est exalté : on
n’obéit plus qu’à soi-même, on gambade sans censeur.
- Acquisition d’un comportement de type marxiste,
par le fait que l’on développe un activisme portant sur un segment de
science dont on ne possède pas les fondements. Ainsi du militant politique
qui ignore tout des objectifs et des méthodes réels du parti pour lequel il se
dépense de manière effrénée : « Im Anfang war die Tat, Au
commencement était l’action », fait dire Goethe au démon
Méphistophélès dans son Faust, travestissant odieusement le premier
verset du Prologue de l’Évangile de saint Jean (« Au commencement était le Verbe
»).
- Développement de l’orgueil : l’élève
est tout fier de montrer à ses professeurs qu’il est bien plus
« calé » que ne leur laissent croire leurs médiocres copies de
devoirs.
- Incitation à l’astuce et à fraude :
l’élève n’ayant pas les connaissances scientifiques étendues et approfondies
qu’exigeraient le sujet, va nécessairement aller puiser sa matière dans les
publications des savants qui ont traité de la question. On peut même dire que
la plupart du temps l’intention de « bluffer » précède le choix du
sujet : on a vu quelque part une étude sur un sujet en vogue qui pourrait
convenir en la maquillant un peu et on en propose le thème. Les jurys
retrouvent parfois des pavés de texte puisés verbatim sur l’Internet par
« copier-coller ».
- Les professeurs, aussi compétents soient-ils, ne
peuvent tout savoir, et lorsqu’ils n’ont que des idées vagues sur le sujet
choisi, il se produit dans les rapports élèves-professeurs une sorte
d’inversion inavouée, qui déstabilise l’enseignant en le plaçant en position d’infériorité
apparente devant son disciple, qui semble en savoir plus que lui. Pour inavouée
qu’elle soit, ou même niée, cette situation est extrêmement destructrice du
principe d’autorité.
Naturellement tous les esprits ne réagissent pas
identiquement sous l’effet d’un même stimulus, et certains étudiants
s’acquittent de cette épreuve apparemment sans trop de dommages ( ?) sur
le plan moral et en ayant réellement acquis de nouvelles connaissances. Mais
c’est ainsi que travaille la corruption : elle ne contraint pas de manière
aversive, elle suggère, elle se contente d’établir les conditions d’une chute
seulement probable (cf. supra). Toujours est-il que les résultats
ont dû être trouvés satisfaisants puisque le principe des TIPE a été étendu en
l’adaptant à l’enseignement secondaire (TPE). Comenius[85]
eût beaucoup aimé.
La
subversion par les notes à l’école
Cf. désinformation,
Mises en garde élémentaires, remarque, b (vers la fin).
L’imprégnation
subliminale par le symbolisme dès la maternelle.
Il n’est pas un cahier d’activité (vendus en
supermarché ou utilisés par les maîtresses d’école maternelle) à destination
des enfants de 3 ans et plus où ne grouillent les serpents (parfois figurés par
des vers, des escargots ou simplement des tildes), les pentagrames bénéfiques
(pointe en haut représentant l’homme déifié) ou maléfiques (pointe en bas
représentant le diable avec ses cornes), les triangles, les spirales, les
figures symétriques comme les cœurs ou papillons symbolisant le déni du
principe de non-contradiction (partie gauche = partie droite, comme le bien =
le mal). Évidemment, le troupeau des profanes n’y voit goutte et sa progéniture
reproduit spontanément ces dessins à la maison sous l’œil émerveillé des
parents : quoi de plus tendre qu’un cœur, de plus beau qu’un papillon, de plus
drôle qu’un escargot, de plus joyeux d’un soleil qui brille et de plus festif
qu’une étoile ou une spirale ! Les parents dupés ne toléreraient pas qu’un
crucifix figure sur les livres ou cahiers de leurs enfants, mais ils
ingurgitent sans piper les effigies de Lucifer, qui, bien entendu, n’existe
pas ! On peut ajouter à la liste précédente, et de manière non
exhaustive : les symboles du paganisme comme la lune, les dauphins
(symbole du New-Age), les personnages filiformes figurant les démons, les
animaux humanisés (i.e. les hommes animalisés), les sorcières (personnages
hideux tirant leurs pouvoirs surnaturels du commerce avec les démons), sans
parler de la laideur générale des protagonistes (yeux globuleux, corps
difformes, etc.) des histoires au mieux sans queue ni tête qui sont ainsi
racontées.
etc.
Un
cours et un exercice de français en CM1 (année scolaire 2005-2006)
Voici, sans autre commentaire, la reproduction verbatim
d’un cours et d’un exercice de français intitulé « Littérature et
expression » d’une classe de CM1 rurale portant la date du 7/10/05. Le
tout figure sur un cahier prérempli agréé par l’E.N. et distribué par un
éditeur très connu de manuels scolaires. Précisons que les élèves de cette
classe sont d’un niveau très bas, et pour la majorité d’entre eux, ne
maîtrisent ni la lecture, ni l’orthographe, ni la grammaire la plus
élémentaire, ni même tous l’écriture. Le reste du cahier est à l’avenant
(sorcières, etc.)
La partie cours se compose des deux textes
suivants [imprimés]:
|
A.
Bredoulocheux Il
était reveneure ; les slictueux toves Sur
l’allouinde gyfaient et vriblaient ; Tout
flivoreux vaguaient les borogoves ; Les
verchons fourgus bourniflaient. Au
Bredoulochs prends bien garde, mon fils A
sa griffe qui mord , à sa gueule qui happe ! Gare
l’oiseau Jeubjeub, et laisse En
paix le frumieux, le fatal Pinçmacaque ! Lewis
Caroll, Tout Alice et la chasse au snark |
B.
Le grand combat Il
l’emparouille et l’endosque contre terre ; Il
le rague et le roupète jusqu’à son drâle ; Il
le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ; Il
le tocarde et le marmine, Le
mapage rape à ri et rape à ra. Enfin
il l’écorcobalisse. L’autre
hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine. C’en
sera bientôt fini de lui ; Il
se reprise et s’emmargine … mais en vain Le
cerceau tombe qui a tant roulé. Abrah ! Abrah ! Abrah ! Le
pied a failli ! Le
bras a cassé ! le
sang a coulé ! Fouille,
fouille, fouille, […] Henri
Michaux, Qui je fus dans L’espace du dedans, Gallimard. |
Henri Michaux est un poète français né en 1899. Il a
écrit mais aussi peint et beaucoup dessiné. Il est mort en 1984.
[Écrit par la maîtresse ; les réponses de
l’élève (fille avec un an de retard) sont en italique]
1. Raconte l’histoire du texte A ou du texte B.
2. Que peux-tu dire des mots utilisés dans ces deux
poèmes ? Ils sont inventés.
3. La structure des textes poétiques.
* Une ligne de poème s’appelle un … paragraph [barré par la maîtresse]
* Chaque [rép.] vers comporte un certain nombre de
… mots.
* Un poème comporte souvent plusieurs … phrases.
* Le titre est écrit … en haut au milieus [s
final barré]
* Le nom de l’auteur est indiqué … à la fin du texte.
[Sur une autre page, écrit par l’élève]
Création
poétique
Réécrire un poème en utilisant des mots du champ lexical
de la violence et les allitérations B. [Ce qui suit est la production de
l’élève, les fautes d’orthographes ont été corrigées par la maîtresse]
Le grand combat
Il l’attaque et le plaque contre
terre
Il le braque et le griffe jusqu’à
son sang ;
Il le plante et le ligotte et lui
gifle les joues ;
Il le torture et le jette,
Le meunase et le tabase.
Enfin il le mord.
L’autre hèsite pour le tuer, se
débattant, se tord et se pend.
C’en sera bientôt fini de
lui ;
Il le blesse et l’écrase… mais en
vain
Le corps tombe qui a tant roulé.
Ah ! Ah ! Ah !
Le pied est tombé !
Le bras est cassé !
Le sang a giclé !
Ouille, ouille, ouille !
Deux désobéissances, ou
l’introduction en milieu catholique de principes
étrangers au christianisme
Par l’effet initial de son talent, de sa
personnalité hors du commun, de son courage, des persécutions dont il a été
victime, de la justesse de ses vues dans un certain nombre de domaines, Charles
Maurras est devenu l’objet d’une sorte de
religion transmise par recommandation de parrain à filleul dans certains
milieux s’affichant sans discrétion comme
« contre-révolutionnaires ». Or, on observe que ceux qui sont touchés
par la « foi maurrassienne » sont non seulement enclins à suivre aveuglément
Maurras lui-même, mais encore, et peut-être même plus, le maurrassien qui le leur a fait connaître. Trois dangers en
résultent.
Voyons d’abord le moindre, celui où ancien et
novice confessent la foi catholique en plus du maurrassisme. On voit bien ce
qui va arriver : comme Maurras n’était pas – et de loin - catholique et
que
Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l'un et aimera
l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre
(Mt 6, 24),
ceux qui possèdent cette double religion vont
tenter tant bien que mal d’essayer de les juxtaposer, en plaquant la grâce sur la nature[86].
Chez eux, toutes deux cheminent alors comme les rails d’une voie ferrée sans se
rencontrer jamais. Cela a été dit de La Varende et c’est fort juste. Tel est le
fruit de la première désobéissance.
C’est d’autant plus dommage qu’une partie d’entre eux sont des gens
très sincères, droits et fidèles. C’est de leurs rangs qu’est partie la
résistance à Vatican II. Mais est-ce leur personnalité ou Maurras qui en
est la cause ? L’autre partie, curieusement, mais logiquement, s’est retrouvée
en face de la première.
Et nous arrivons ainsi aux deux autres écueils,
fruits de la seconde désobéissance. Tous
les maurrassiens ne sont pas catholiques, loin s’en faut, même s’ils prétendent
l’être et fréquentent la messe traditionnelle. Tous sont tendus d’abord vers
la civilisation, qui ressortit au monde et non au Ciel. Là est le véritable
danger. Ce danger est tellement grand
qu’il fait l’objet d’un enseignement grave et constant dans l’Ancien Testament.
Par des admonestations et des punitions impitoyables. Pour ne prendre qu’un
exemple, écoutons Yahweh parler peuple élu entrant au pays de Chanaan dans un
des passages les plus politiquement incorrects de la Sainte Écriture :
Mais si tu écoutes sa voix, et si tu fais tout ce que je dirai, je
serai l'ennemi de tes ennemis et l'adversaire de tes adversaires. Car mon ange
marchera devant toi et te conduira vers les Amorrhéens, les Héthéens, les
Phérézéens, les Chananéens, les Hévéens et les Jébuséens, et je les
exterminerai. Tu n'adoreras pas leurs dieux et tu ne les serviras pas ; tu ne
les imiteras pas dans leurs pratiques, mais tu renverseras et briseras leurs
stèles. (Ex 23,
22-24)
Progressivement, sur fond de confiance et
d’excitation politique, le novice risque de se laisser entraîner dans
l’activisme et, s’il n’a pas la force d’arrêter à temps, il va tomber dans le
pur naturalisme, l’activisme politique et perdre la foi.
Les milieux maurrassiens constituent, nous l’avons
dit, une zone de contact entre les
catholiques (traditionalistes ou non)
et la gnose version « de droite ». Cette dernière va alors
utiliser ce biais pour transmettre des
consignes de bouche à oreille, indiquer
des comportements à adopter, dire ce
qu’il faut penser de tel ou tel évènement, indiquer pour qui il faut voter (car il faut voter), etc. aux
premiers, qui ... obéissent aveuglément selon le schéma psychologique que nous
avons exposé au début. Évidemment, ils ne savent pas qu’ils sont manipulés. Ces manipulations tendent toutes à masquer
la Révolution aux yeux des catholiques, tout en leur faisant croire qu’ils la
combattent.
Il convient de dire que le Kérygme de la foi
maurrassienne « politique d’abord », et qui est fidèlement entonné
par ses disciples, n’est guère compatible avec la foi catholique puisqu’il
implique l’omnipotence de l’homme et constitue une négation de la Providence
Divine. On peut même ajouter que les actions des maurrassiens visant à amener
leur champion au pouvoir ne diffèrent pas vraiment des manigances ordinaires
des partis politiques, qu’ils critiquent avec raison par ailleurs. L’attrait
qu’éprouvent certains catholiques pour la monarchie telle que l’entendait
Maurras est d’ailleurs assez incompréhensible, puisqu’elle n’est en rien – et
pour cause – la lieutenance de Dieu sur terre qu’elle doit être. Qu’ils se
rappellent donc ce précepte (déjà énoncé par Aristote) de l’Imitation (Lib. I, Cap.
XXIV, I) :
In omnibus rebus respice finem
En toute chose considère la fin
Qu’ils regardent quelle est la fin assignée à la
monarchie selon Maurras, et qu’ils comparent cette fin à ce que doit être celle
des actes humains selon la théologie catholique. Ils en verront
l’incompatibilité, sauf à violer le principe de non contradiction, violation
qui est déjà contenue dans l’expression « catholique maurrassien »
qui ne saurait désigner aucun concept.
On peut essayer de comprendre pourquoi le
maurrassisme rassemble pareils contraires sous son toit : des catholiques
fidèles (certains catholiques extérieurs y sont à leur place) et leurs ennemis
mortels. Les premiers ne seraient pas venus à lui sans la décomposition de
l’Église et s’ils l’ont fait, c’est qu’ils
ont cru trouver là une authentique doctrine contre-révolutionnaire, mais ce
n’est pas le cas puisque Maurras était naturaliste et panthéiste, comme la
Révolution. Et c’est précisément ce naturalisme et ce panthéisme qui attirent
les ennemis de l’Église. Ce qui intéresse avant tout l’homo naturalis, c’est de perfectionner de main d’homme et selon
les vues du monde sa nature imparfaite ; c’est pourquoi le démiurge
Maurras leur donne une méthode conforme à leur personnalité d’hommes d’ordre. Un ordre qui leur réserverait une place de
choix. Dans son commentaire des Deux
Cités de saint Augustin, le père Emmanuel, reprenant la comparaison de la
grâce et de la nature figurant au ch. LIV du livre III de l’Imitation[87],
ajoute avec malice une petite remarque entre parenthèses dans la ligne 4 de la
colonne « nature » :
|
4. La nature aime les
honneurs (Surtout quand ils sont
accompagnés du traitement.) |
4. La grâce rend
fidèlement l’honneur et la gloire à Dieu. |
Il serait malhonnête de dire que tous les
maurrassiens sont ainsi, mais beaucoup le sont. Les autres se sont fourvoyés
dans le culte d’un « saint qui n’est pas de leur paroisse » pour
pasticher une méchante formule.
En résumé, on peut dire que quel que soit le cas de
figure, le maurrassisme est utile à la
Révolution. Ceci d’autant plus qu’en ostracisant Maurras, pris en bloc, et
en faisant de son nom et de ses dérivés des hot words, elle offre à la
détestation publique tout ce qu’il y a de bon chez lui ! Il fragilise la
foi des meilleurs et il leur fait mener un faux combat : qui n'amasse pas avec moi disperse (Mt,
12, 30). Il pervertit ou même détruit la foi chez d’autres par le contact avec
la gnose qui hante ses rangs. Enfin, de par son influence, le maurrassisme
peut, au signal convenu, faire tirer les catholiques contre leur camp (lors des
élections par exemple).
Pour finir, observons que lorsqu’en 1988, après les
sacres épiscopaux opérés par Mgr. Lefebvre, on a vu une ligne de partage se
former dans la mouvance
maurrassienne. Elle existait bien-sûr avant en puissance, mais elle était
peu discernable.
Il est possible que les considérations qui
précèdent heurtent certaines personnes de bonne foi. Mais elles devront alors
juger selon la vérité et non selon les passions. Pour ce qui concerne Contra
Impetum Fluminis, nous accepterons bien volontiers de nous amender si on
nous montre que nous nous avons tort.
si male locutus sum testimonium perhibe de malo si autem bene quid me
caedis ?
Si j’ai mal parlé, dis en quoi, sinon pourquoi me frappes-tu ? (Jn 18, 23)
Autres
moyens de contamination, création d’habitus libéraux et pré-gnostiques
1.
L’infiltration des pèlerinages. Les
pèlerinages ne sont certes pas gnostiques en soi, mais le principe d’un long
cheminement, parfois assorti de difficultés plus ou moins imprévisibles qu’il
faut surmonter, se retrouve dans le concept gnostique de quête. C’est
pourquoi les grands pèlerinages, et en tout premier lieu celui de Saint Jacques
de Compostelle, sont infiltrés depuis des lustres par les gnostiques qui
cherchent à y recruter des adeptes. Il est tout à fait remarquable d’observer à
cet égard que certaines villes notoirement anti-chrétiennes situées sur les
grands axes historiques menant à Compostelle ornent certaines de leurs rues de
clous en bronze en forme de coquille saint Jacques pour matérialiser la direction
de la cité espagnole. Des écrivains à la mode comme Paulo Coelho utilisent ce
même thème dans leurs romans destinés à développer un certain type de
comportement chez leurs lecteurs - qui sont souvent d’ailleurs des lectrices -,
en quête de spiritualité et de mystère mais qui n’ont aucunement l’intention de
payer le prix de la conversion du cœur exigée par le christianisme.
Les « rallies » sont la version laïque
des pèlerinages infiltrés.
2. Les
romans. La fréquentation assidue des œuvres de fiction, dont les romans
sont l’archétype, mais qui peuvent aujourd’hui prendre beaucoup d’autres formes
(cinéma, feuilletons télévisés, etc.) produit une transformation du psychisme
qui se manifeste par perception erronée du réel et sa confusion avec des
constructions imaginaires. Ces œuvres mettent en scène des héros (du grec ´rvw = demi-dieu) auxquels s’identifie inconsciemment
le lecteur, particulièrement les femmes. Les humbles tâches quotidiennes que
commandent le devoir d’état paraissent alors bien méprisables, le cercle
familial bien étriqué, pour un demi-dieu promis à la gloire. Il est inutile de
préciser comment cela se termine dans un trop grand nombre de cas.
APPEL À BONNE VOLONTÉ Nous serions intéressés par une étude bien
documentée (références précises, etc.) sur le romantisme dans ses rapports avec
la gnose et l’occultisme, réalisée par quelqu’un connaissant bien l’histoire de
la littérature et ayant bien compris l’essence de la subversion gnostique.
Merci de nous contacter à l’adresse émail indiquée en bas de la page d’accueil
du présent site.
3. Les
jeux de société et les jeux de rôles. Bien conçus, ils permettent de développer
chez ceux qui s’y adonnent les idées de quête, de parcours
initiatique, de héros, d’objectif gardé secret, d’astuce,
de curiosité peccamineuse, de jubilation
des sens et de l’orgueil, du goût des succès mondains, … qui
conduira les plus doués à l’initiation : pourquoi ne pas poursuivre dans
la vraie vie l’application des mêmes méthodes ?!
De plus, lorsque les parties se déroulent, le
groupe des joueurs constitue une parfaite société de pensée au sens
qu’Augustin Cochin (cf. page d’accueil) donne à ce mot : la réalité est
suspendue et remplacée par une fiction idéaliste définie par « des règles
propres », où, le temps d’une partie, le général est « l’égal » du caporal, le
patron de l’ouvrier, le père du fils, etc. Les promoteurs de ces jeux espèrent
alors que les ouvertures ainsi créées, se prolongeront dans la vie réelle et
favoriseront les « émancipations ».
Les jeux de rôles cumulent les « avantages » des jeux de société classiques
et ceux des rallies, et sont donc particulièrement toxiques. Le fait qu’il
s’agisse de fiction (« ce n’est qu’un jeu ! ») permet aux
concepteurs de banaliser en toute impunité des intentions hautement immorales.
Tel le « jeu du Killer »[88],
que des mains invisibles ont introduit dans les classes préparatoires aux
Grandes Écoles avec un succès tel qu’il constitue l’instrument de délassement principal
des élèves. Il va sans dire qu’une fois entrés dans les écoles, les nouveaux
arrivants, éloignés de leurs familles et livrés à eux-mêmes après avoir été
maintenus dans un ascétisme forcé pendant les deux ou trois années de
préparation, sont soumis au feu d’une subversion d’une tout autre ampleur,
subversion organisée par les directions des écoles. Un coup d’œil sur les
notices publicitaires que ces établissements d’enseignement supérieur – y
compris les plus prestigieux - distribuent aux candidats pour les attirer
convaincra les sceptiques.
4. Les
« forums » sur l’Internet. Leur fréquentation assidue, qui devient vite
addictive, est très nuisible car :
-
Ils entretiennent une agitation mentale permanente, totalement
incompatible avec la vie intérieure
si indispensable au christianisme.
-
Ils déstabilisent et introduisent le doute, arme du démon.
-
Ils donnent l’esprit de polémique, de contestation, chose
absolument contraire à la vie chrétienne. C’est le « doute universel » de
Descartes mis en pratique. Même les plus solides finissent par voir leurs
convictions s’émousser à leur insu.
-
Ils développent la culture de l’éphémère, de l’instant, du mouvement, et
finalement de l’évolutionnisme, toutes choses hautement révolutionnaires.
-
Ils participent à l’émancipation de la curiosité peccamineuse et
développent le voyeurisme.
-
Ils vont à l’encontre des conseils de saint Thomas pour l’étude, lequel
recommande d’être « lent à parler et à se rendre là où l’on parle. »
-
Ils consomment tout le temps libre, n’en laissant plus pour l’étude des
questions de fond et la lecture attentive des ouvrages des maîtres.
-
Ils permettent l’introduction d’erreurs par prétérition.
-
Ils permettent la diffusion rapide de fausses nouvelles à des fins de
déstabilisation.
-
etc.
Comment
résister ?
Il en est de la subversion comme de la
désinformation, si la résistance exige l’étude, l’étude à elle seule ne saurait
suffire à se préserver de la subversion, comme de la désinformation : elle
indique où est l’ennemi, quelles sont ses ruses, mais, de soi, n’offre aucun
caractère de protection. Seule une volonté de tous les instants tendue vers
l’accueil de la grâce et le refus de la nature en tant que déchue rend
l’antique serpent impuissant.
Dans le tableau suivant sont comparées les
comportements humains sous différents rapports (de fin, etc.) selon que la
nature se suffit à elle-même (simple nature
ou « nature ») et selon qu’elle accueille de la grâce (« grâce »).
Il est tiré de l’ouvrage du père Emmanuel Les
deux cités, Troyes, Gustave Frémont, 1911, qui lui-même l’a établi d’après
Thomas a Kempis in l’Imitation de
Jésus-Christ (Livre III, Ch. 54).
|
1. La nature
(déchue) n’a jamais d’autre fin qu’elle-même. |
1. La grâce
(c’est-à-dire la nature vraie, restaurée par la grâce du Sauveur) fait tout
pour Dieu, en qui elle se repose comme en sa fin. |
|
2. La nature ne
veut point être ni mortifiée, ni vaincue, ni être soumise, ni se soumettre. |
2. La grâce porte à
se mortifier, résiste à la sensualité, n’affecte pas de jouir de sa propre
liberté (Libéralisme !) |
|
3. La nature
travaille pour son intérêt propre, et calcule le gain qu’elle peut tirer des
autres. (Exploitation de l’homme par l’homme.) |
3. La grâce ne recherche ni son utilité ni son
avantage propre, mais ce qui peut être utile à plusieurs. (Dévouement au
prochain.) |
|
4. La nature aime
les honneurs (Surtout quand ils sont accompagnés du traitement.) |
4. La grâce rend fidèlement
l’honneur et la gloire à Dieu. |
|
5. La nature aime
l’oisiveté. (Un des principes les plus féconds de l’immoralité.) |
5. La grâce
embrasse volontiers le travail. (Le travail embrassé selon Dieu est
essentiellement moralisateur.) |
|
6. La nature
convoite les biens du temps. (Comme si le bonheur était dans leur
possession.) |
6. La grâce aspire
aux biens éternels, ne s’attache point à ceux du temps, et a son Trésor dans
le Ciel où rien ne se perd. (C’est pour cela que nous donnons volontiers aux pauvres.) |
|
7. La nature est
cupide, et reçoit plus volontiers qu’elle ne donne. |
7. La grâce est
désintéressée, se contente de peu, et juge plus heureux de donner que de
recevoir. |
|
8. La nature incline
vers les créatures, la propre chair, la vanité, la distraction. |
8. La grâce mène à
Dieu, à la vertu, hait les désirs de la chair, réprime nos écarts. |
|
9. La nature fait
tout pour le gain et l’intérêt propre. (C’est l’égoïsme partout.) |
9. La grâce ne
recherche aucun avantage temporel, et ne demande d’autre récompense que Dieu.
(Principe de dévouement et de désintéressement.) |
|
10. La nature
sourit aux puissants et flatte les riches. (Prétendant attirer sur elle comme
une ombre, un reflet de la puissance et des richesses d’autrui.) |
10. La grâce est
plus portée vers le pauvre que vers le riche, et sympathise plus volontiers
avec l’innocent qu’avec le puissant. (S’inclinant vers les plus faibles,
elle leur apporte un appui, et reçoit d’eux une recommandation devant Dieu.) |
|
11. La nature
ramène tout à elle-même. (Comme pour dominer tout, et alors elle crie à
l’égalité.) |
11. La grâce ramène
tout à Dieu, principe de toutes choses : (et c’est l’ordre vrai, en dehors
duquel il n’y a pas de liberté.) |
|
12. La nature veut
paraître à l’extérieur et veut que ses sens goûtent par leur expérience
propre de beaucoup de choses. (En cela semblable à Eve qui voulut voir, et
toucher, et goûter) |
12. La grâce n’a cure
de ce qui est nouveauté ou curiosité : elle sait que tout cela est l’effet de
l’antique corruption (de la nature, dont nous sommes rachetés et délivrés par
Notre Seigneur Jésus-Christ). |
Voici maintenant un
second tableau, établi d’après diverses études du R.P. Réginald
Garrigou-Lagrange, elles-même basée sur la Somme théologique de saint
Thomas (Ia IIae, q. 77, a. 4 et 5) et qui montre que le principe de tous les
vices auxquels nous poussent les forces de subversion gît dans la volonté
propre, qui n’est autre que la tyrannie de l’ego orienté vers sa propre
satisfaction.
|
L’AMOUR DESORDONNE DE SOI-MEME, OU TYRANIE DE L’EGO (égoïsme en tout) L’amour désordonné de
soi-même est caractérisé par « la volonté propre » qui est une volonté
qui n’est ni ordonnée à la gloire de Dieu (= manifestation de sa bonté), ni
au bien d’autrui, ni à son vrai bien, mais seulement à la satisfaction de son
bien apparent. Il se manifeste par les TROIS
CONCUPISCENCES : |
CONCUPISCENCE
« DE L’ORGUEIL DE LA VIE » |
1. à l’égard de
soi-même L’ORGUEIL DE SA
PERSONNE, d’où dérivent : la superbe (se croire autonome, ne dépendre de
personne), l’arrogance, la désobéissance, la jactance, l’hypocrisie, la
duplicité et le mensonge en paroles ou en actes (on se fait passer pour se
que l’on n’est pas), l’esprit de contradiction, la discorde, l’amour des
nouveautés, l’entêtement (pertinacité), la coquetterie, l’impudicité, la
recherche des honneurs et des richesses pour en faire étalage, l’esprit de
domination, l’incapacité à rester à sa place, l’imposture, le mépris des
autres, le toupet, la propension à critiquer sans cesse son prochain sans
raison autre que la volonté de signifier par contraste sa propre valeur, à se
disculper en permanence, l’incapacité à résister aux flatteries et donc la
fragilité vis à vis de la manipulation, etc. LA PARESSE, LE
DEGOUT DE TOUT, notamment DES CHOSES SPIRITUELLES (« acédie »)
pouvant aller jusqu’à la haine de Dieu ; de ce dégoût, contraire à l’amour de
Dieu et à l’espérance, naissent la malice, la rancœur, la pusillanimité, le
découragement, oubli des préceptes, la recherche des choses défendues, le
laisser aller vestimentaire et domestique (on ne fait plus le ménage) et le
manque d’hygiène corporelle, l’incapacité à faire face à l’adversité. |
|
2. à l’égard du
prochain L’ENVIE, ou
tristesse du bien d’autrui comme s’il nous empêchait de nous élever ; de
là dérivent la haine, la médisance (on glose sur les maux qui affligent les
autres pensant qu’en les abaissant on se rehausse soi-même), la calomnie,
l’agressivité, la joie du mal d’autrui et la tristesse de ses succès. On crie
à la justice, mais ce n’est souvent que d’envie qu’il s’agit. L’envie produit
également une tension mentale permanente occasionnée par la crainte d’être
toujours lésé sur quelque point dans les rapports sociaux, ce qui amène à une
défiance universelle. Une telle attitude stérilise radicalement la charité,
voire conduit à la colère et à l’injustice.
LA COLÈRE, d’où
naissent les disputes, les emportements, les injures, les vociférations, le
blasphème, la violence physique. La colère naît souvent de la crainte de
perdre la face, notamment de voir étalée la vérité sans fard ou démasquée une
mystification. |
||
|
CONCUPISCENCE « DES
YEUX » |
L’AVARICE, qui naît
de la jouissance provoquée par la vision de sa fortune qui s’arrondit. De
l’avarice peuvent dériver : la perfidie, la fraude, la fourberie, le
parjure, l’agitation mentale, la dureté du coeur. Les avares tentent souvent
d’expliquer leur comportement par la nécessité de « mettre de l’argent
de côté » car « on ne sait pas ce que réserve l’avenir », mais
c’est un prétexte fallacieux, car s’il est prudent d’être prévoyant dans une
juste mesure, le vice commence dès que cette mesure est dépassée, notamment
lorsque l’on se prive du nécessaire pour amasser. L’avarice trahit toujours
un manque d’espérance. L’attrait
irrésistible pour tout ce qui provoque le plaisir des yeux (monomanie des
collectionneurs d’art) ou des oreilles - qu’il ne faut pas confondre avec le
légitime amour du beau, qui distingue l’homme de la bête - en faisant
abstraction de toute autre considération (comportement totalitaire) relèvent
des mêmes principes que l’avarice. |
|
|
CONCUPISCENCE « DE LA
CHAIR » |
LA GOURMANDISE, qui
engendre non seulement des maladies variées, mais encore la ruse, le
mensonge, la laideur, les bassesses. LES DÉRÈGLEMENTS DE
TOUTE SORTE (« luxure »), et non pas uniquement sexuels, qui,
s’ils ont bien leur place ici, peuvent ne pas concerner tout le monde :
l’aveuglement de l’esprit, le manque de mesure, la précipitation,
l’inconstance, l’attachement inconsidéré à son confort et à ses habitudes, à
ses objets familiers, l’amour de soi jusqu’à la haine de Dieu, l’attachement
à la vie présente qui détruit l’espoir de la vie future, l’agressivité envers
autrui en tant qu’il est perçu comme un obstacle au soulagement de sa concupiscence,
la recherche assidue et exclusive du bien-être et de la longévité de la vie
par l’usage de moyens non contraignants moralement (extrême attention portée
aux progrès de la médecine et de la science). |
Chacun aura donc compris que la résistance à la
subversion consiste principalement en … une lutte contre l’ennemi intérieur …
***
Dans la vie chrétienne, les
vertus de magnanimité, d’urbanité, d’eutrapélie, de douceur et bien d’autres
sont nécessaires à l’exercice de la charité, rendant la vérité aimable et
attirant les âmes à Jésus-Christ. Le monde remplace ces vraies vertus par une
minable contrefaçon coulée en un slogan destructeur : il ne faut pas être
coincé ! C’est le point de départ d’une surenchère permanente dans le
laisser-aller, la vulgarité, l’indiscipline : rien ne subsistera car toute
règle est ipso facto exclue. Ceux qui adoptent ce slogan ne se doutent pas de
jusqu’où ils seront entraînés : ils ne savent pas ce qu’ils font.
Abbé Hervé Belmont, Notre-Dame
de la Sainte-Espérance, juin 2008 (n°221).
[1] Paroles mises dans la bouche du héros Winston Smith ; elles traduisent clairement la pensée profonde de l’auteur initié de ce livre crypté. La lecture au premier degré qu’en fait l’école (comme le public profane) est complètement trompeuse, y discernant une dénonciation du totalitarisme communiste ou nazi. Mais c’est Dieu - alias Big Brother qui voit tout -, l’Église et l’ordre chrétien que vise Orwell. Naturellement, le livre n’en produit pas moins un effet sur le lecteur profane amené à considérer sans qu’il ne s’en rendre compte, l’Église comme étant un parti politique totalitaire, l’ordre de la vérité, de la bonté, de l’amour et de la pureté, celui du mensonge, des atrocités et du crime. Telle est d’ailleurs l’opinion commune aujourd’hui, y compris chez les néo-chrétiens.
[2] Elle avait en fait commencé un siècle plus tôt en Grande Bretagne.
[3] […] Point Number One was that
the war is a symptom of a world revolution. Clearly the first thing to do about
a revolution is to recognize it as a fact. Surprisingly enough however, it is
quite possible to ignore its existence. Just as Monsieur Jourdain in Moliere's
Bourgeois Gentilhomme discovered that he had been speaking prose all his life
without knowing it, so many people to-day are beginning to discover that they
have been living in a revolution without knowing it, and many others have still
to discover this surprising fact.
This is possible, partly because a world revolution is so vast in scope and, even though it proceeds at a rate far faster than that of history in its more normal phases, so gradual compared with the happenings of everyday life. The ordinary man sees his taxes raised, or unemployment go up, or banks crash down, or the central government extend its control, or war break out in some remote part of the globe; and he is concerned with each incident as an event in itself, not as a symptom of a larger process. It is also partly because most of us dislike radical change ; after all, it is a somewhat dubious privilege to be living in anything so drastic as a revolution. Because we dislike it, we unconsciously push it away from us, begin to treat the danger as if we were ostriches, and are temporarily enabled to believe that the nasty revolution doesn't really exist. […]. Les lecteurs qui comprennent l’anglais liront avec intérêt l’intégralité du texte de Julian Huxley. On le trouve assez facilement sur l’Internet. Concernant l’auteur (1887-1975), initié de haute volée, premier directeur de l’Unesco, frère d’Aldous, consulter Epiphanius - Maçonnerie et sectes secrètes ; le côté caché de l’histoire, présenté en page d’accueil.
[4] Phillipica VII, 25. ( [...] cavete, [per deos immortales! patres conscripti,] ne spe praesentis pacis perpetuam pacem amittatis.
[5] In Les métamorphoses de la Cité de Dieu, op. cit. , p. 11. Disponible sur le site (Les Métamorphoses de la Cité de Dieu).
[6] In Les métaphysiques principales, François-Xavier de Guibert, Paris, 1989, pp. 195 et 248. Nous recommandons vivement, non la lecture, mais l’étude critique de ce livre.
[7] C. Tresmontant, Ibid., pp.
74 sqq.
[8] Ibid., pp. 163 sqq.
[9] Qui n’est autre que Lucifer, le dieu bon, ami des hommes leur apportant généreusement les biens apparents naturels qu’ils attendent :
On le retrouve naturellement assez souvent
dans les logos des marques commerciales comme ici :
. Parfois, seul l’écoulement fluide est
symbolisé, comme ici :
….
ou encore dans le logo officiel du candidat Obama à la présidence des
Etats Unis :
. Il
est évidemment logique qu’un président du New Age fasse figurer un symbole New
Age sur son logo.
[11] Couvent de La Haye-aux-Bonshommes, 49240 Avrillé.
[12] In Le Montage, Vladimir Volkoff, Julliard, L’Age d’Homme, 1982, p. 67-68. Ce livre doit être non seulement lu mais étudié dans son intégralité. A noter que quelques scènes un peu scabreuses auraient pu être facilement évitées, mais selon un mot attribué à Léon Bloy, « quand on veut être vidangeur, il faut avoir le nez solide. » Nous faisons référence à V. Volkoff compte-tenu de ses compétences en matière de désinformation et de subversion, et pour rien d’autre. Ceci ne signifie en rien que nous cautionnons ses positions religieuses, que nous connaissons d’ailleurs mal.
[13] c’est-à-dire, sans utiliser la contrainte.
[14] Du latin sub limine = sous le seuil (de la conscience). Autrement dit, sans que ceux qui le subissent ne s’en rendent compte.
[15] Mt 22, 1-14
[16] Manifesto ergo apertoque peccato, ubi factum est quod Deus fieri prohibuerat, diabolus hominem non cepisset, nisi iam ille sibi ipsi placere coepisset. (De civitate Dei, L. XIV, cap. XIII.)
[17] « Les alchimistes du Moyen-Âge ont perdu leur temps et l’or de leurs dupes à la recherche de ce rêve. Celui des Sociétés secrètes s’accomplira par la plus simple des raisons : c’est qu’il est basé sur les passions de l’homme. » (Instructions générales de la Haute Vente, in Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, Réédtion, CRF, Paris 1976, tome 1, p. 90.)
[18] Ces sont les fameux idiots utiles de Lénine.
[19] « Car tout ce qui est dans le monde, la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde. » (1-Jn 2, 16.) (NDLR)
[20] R.P. Garrigou-Lagrange, O. P. in La Vie Spirituelle n° 79, avril 1926.
[21] Toutes techniques que nos curés conciliaires connaissent à merveille.
[22] L’édition
que nous avons entre les mains indique « Hambourg, 1798 », mais
l’ouvrage a paru pour la première fois à Londres en 1795. Cf. p. 62 sq.
[23] C’est nous qui soulignons.
[24] Tome I, p. 66-67.
[25] Concernant la technique dite « du pied dans la porte », qui permet de retourner progressivement une opinion, initialement négative, et plus généralement les techniques de contrôle de la pensée, voir Pascal Bernardin, Machiavel pédagogue, Editions Notre-Dame des Grâces, J. Foulon, B.P. 19, 06340 Drap.
[26] Ce qui relève de la dialectique hegelienne, sujet fondamental, mais trop vaste pour l’aborder ici. Pour un court exposé fort clair, voir J.C. Lozac’hmeur et Bernaz de Karer , De la ré-volution, Editions Sainte Jeanne d’Arc, Les Guillots, 18 260 Villegenon, p. 44 sq.
[27] Vladimir Volkoff, op. Cit. p. 69-70.
[28] C’est nous qui soulignons.
[29] Du latin praetereo, qui signifie « je passe à côté de ».
[30] Nous omettons volontairement de parler ici, car il s’écarte de notre objectif direct, d’un autre aspect du débat contradictoire réel, qui est celui de la « communion révolutionnaire » et qui consiste à faire venir un opposant à la table du « dialogue ». Ceci été fort bien décrit par Luce Quenette (Cf. le Sel de la terre n° 22).
[31] Cité par Roger Mucchielli in La subversion, CLC, Paris, 1976, p.67.
[32] Père Emmanuel, Les deux cités, Troyes, Gustave Frémont, 1911.
[33] Il y eut heureusement des exceptions. On retrouva ces hommes pour défendre la religion.
[34] Qui, comme on sait est plutôt une folie : « Où est le sage ? où est le docteur ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? » (1-Co 1, 20)
[35] In La Révolution française, Pierre Gaxotte, Livre de poche, Paris, 1972, p. 81-83.
[36] Quelles que soient les réserves que l’on puisse formuler sur l’action de l’A.F.
[37] En parvenant à y insérer des articles, ou, mieux, en en prenant carrément le contrôle.
[38] Les mot « racisme », « racistes », … sont des armes de guerre civile faisant partie de l’arsenal logomachique utilisé par les médias. Néanmoins, il ne faut pas oublier pour autant, que le racisme existe réellement et est parfaitement antinomique avec le christianisme. Mieux, on sait rendre racistes des gens qui ne le sont pas : il suffit de leur montrer chaque jour de la semaine des images ad hoc et de leur faire lire des articles à l’avenant. Clamer que vos ennemis sont des scélérats quand ils ne le sont pas, c’est déjà bien, mais y mêler de vrais scélérats ou cultiver des germes de scélérats qui s’y trouvent naturellement, c’est évidemment beaucoup mieux.
[39] Le mot « dialectique » recouvre des sens différents. Il peut ne signifier que l’art de séparer un problème complexe en problèmes plus simples aptes à être résolus aisément ; ainsi dira-ton que M. X. est un fin dialecticien, s’il excelle dans l’art de débrouiller un écheveau de pensées entremêlées. Comme on va le voir, ce n’est pas du tout ce sens, somme toute positif, que nous accordons ici au mot « dialectique ». Il n’est pas possible ici de développer la question des sources de Hegel. Nous renvoyons au livre de Magee, Hegel and the hermetic tradition présenté en page d’accueil du site.
[40] Voir à ce sujet l’ouvrage en trois volumes fort bien documenté de Mgr. Delassus Les pourquoi de la guerre mondiale, Desclée de Brouwer, disponible en reprint aux Editions Saint Rémi (http://editions.saint-remi.chez-alice.fr/).
[41] Contrairement à ce que l’on cherche à nous
faire accroire, les peuples sont naturellement enclins à l’amitié et à la
connaissance mutuelle, surtout s’ils partagent la même foi.
[42] Cf. Lozac’hmeur et Bernaz de Karer, op.
cit., p. 167 sq. , ainsi que Jean de Viguerie, Les deux patries, DMM, 1998, p. 113 sq.
[43] En lui assignant comme objectif officiel la
récupération de l’Alsace et de la Lorraine, on faisait coup double : au
prétexte, on ajoutait la possibilité ultérieure de mettre la boucherie que fut
cette guerre sur le compte des « nationalistes », attachés à
l’intégrité de la Patrie. Du grand art royal. Sur le déclenchement de cette
guerre, cf. Léon de Poncins, La FM DPF, 1975, p. 207 sq. ainsi que Jean de
Viguerie, op. cit.
[44] In Claude Tresmontant, Les métaphysiques principales ,
F-X de Guibert. Lire en entier le chapitre intitulé « Les métaphysiques
gnostiques et le retour à la théogonie. ». Extraits :
« On est convenu d'appeler théosophie la prétention à connaître ce qui se passait et ce qui se passe au sein de l’Être absolu avant la production du monde multiple, indépendamment de cette production. C'est une prétention extravagante. [...] Les maîtres en théosophie, les maîtres et fondateurs des grands systèmes gnostiques, ainsi que leurs disciples, sont le plus souvent fâchés avec la méthode expérimentale. Ils ne partent pas de l'expérience objective, de l'Univers et de la nature scientifiquement explorés, puisqu'ils ont une source meilleure de connaissance : l'Initiation. Si vous leur demandez de qui ils tiennent cette soi‑disant connaissance initiatique, ils vous diront peut‑être quel a été leur maître. Si vous leur demandez quel a été le maître de ce maître ils vous le diront peut‑être encore. Mais finalement, si vous leur demandez quelle est l'origine radicale de l'information qui est supposée se transmettre d'âge en âge, de siècle en siècle, vous débouchez sur une histoire fantastique et incroyable.
[...] Un second caractère propre et commun aux divers systèmes gnostiques, c'est qu'ils prétendent savoir que dans l'Absolu lui-même, au sein de l'Absolu, il y a eu, et il y a encore, une tragédie. La tragédie est antérieure au monde physique. Le mal est antérieur à l'Univers physique. La tragédie est première. Cela nous rappelle les antiques mythologies égyptiennes, sumériennes, akkadiennes, babyloniennes, etc. qui nous racontent en effet la genèse des dieux à partir du Chaos originel, et les massacres que les dieux s'infligent les uns aux autres.
Mettre la
tragédie à l'origine du monde, c'est l'un des signes, l'un des caractères de la
gnose.
Dans nombre de systèmes gnostiques, on discerne un retour de la théogonie, c'est‑à‑dire la genèse de l’Être absolu dans la tragédie, par la tragédie. [...] Les systèmes gnostiques et théosophiques ont toujours, à travers les siècles, rencontré la faveur d'un très grand nombre d'hommes et de femmes. Cela est bien naturel. Les systèmes gnostiques et théosophiques sont essentiellement pour ne pas dire exclusivement des systèmes produits par l'imagination. [...]
Dans tous les systèmes gnostiques on retrouve ce thème de la divinité originelle, de la préexistence, et de la chute des âmes dans des corps supposés mauvais, dans un monde mauvais, dans une matière mauvaise. Le mal est antérieur à l'existence concrète puisqu'il en est la cause.
[...] Les maîtres de l'idéalisme allemand ont reçu cette tradition théosophique par l'intermédiaire des sociétés de pensée et des grands maîtres initiatiques.
[...] si la tragédie de l'histoire du monde est
nécessaire à la genèse de Dieu, ‑ alors la Création n'est plus un don, et
on ne peut plus définir Dieu comme l'a fait Jean, première lettre, 4, 8. Le
mythe théogonique repris par les maîtres de l'idéalisme allemand est la
destruction du monothéisme hébreu et chrétien. [...] »
[45] Cf. Jean de Viguerie, Les deux patries, DDM, 1998, notamment pp. 142 sqq.
[46] Lire à ce sujet les commentaires truculents
de Dominique Setzepfandt dans Paris
Maçonnique, Faits & Documents
(B.P. 254-09, 75424 Paris), p. 69 sq. Nous recommandons encore, du même auteur,
et chez le même éditeur, François
Mitterrand, Grand Architecte de l’Univers.
[47] Paul Abadie, l’architecte qui construisit l’ouvrage était lui-même … initié, comme ses armes le montrent sans ambiguïté :
[48] L’arc-en-ciel a été adopté comme signe de reconnaissance
par la communauté « gay » et lesbienne à San Francisco en 1978. Les
anglicisants pourront consulter avec intérêt le site http://www.enqueue.com/ria/rainbow.html
sur le symbolisme de l’arc-en-ciel (rainbow
flag).
[49] Dominique Setzepfandt, Guide du Paris ésotérique, Faits & Documents, p. 55.
[50] Une soutane filmée aux côtés des ténors de
la « vraie droite » et passant au journal de 20 h rapporte plus à la
Révolution que des milliers de bulletins de vote trotskistes.
[51] Il nous faut ici reconnaître l’honnêteté (la
naïveté ? le calcul ?) de ces derniers, qui ont tenu à ce qu’on les
nomme « alter-mondialistes », i.e. mondialistes
« autrement » et non plus « anti-mondialistes », ce qui
était plus conforme à la tromperie dialectique.
[52] G 3, 1005 b, 19-20 (pp. 121-122 dans la traduction de Tricot : Aristote, Métaphysique, tome 1, Vrin.)
[53] G 4, 1006 a, 15 (op. cit. p. 124).
[54] Le monisme est une théorie philosophique erronée qui affirme qu’il n’existe qu’une seule substance. Le panthéisme affirme que tout est Dieu ou en Dieu (« panenthéisme »), donc l’énonciateur lui-même est Dieu cqfd … Il existe plusieurs réfutations du panthéisme, qui toutes, montrent son caractère contradictoire. Mais si on oublie le PNC, plus rien n’est contradictoire !
[55] Congrès international de Locarno ( http://nicol.club.fr/ciret/locarno/locarno4.htm. )
[57] Éditions Vega, Paris, 1957, pp. 42 sqq.
[58] Il va sans dire qu’il s’agit de la fausse philosophie, de la fausse religion et de l’éthique, en tant que nom donné à la morale lorsque l’on veut la manipuler. Car aucune de ces sciences, pries au sens propre ne peut se permettre de violer le principe de non-contradiction.
[59] Du latin a se = par soi-même. Seul Dieu possède l’aséité, i.e. existe par lui-même, son essence étant l’existence même. Les êtres créés - dont l’homme - sont eux, per alio = par un autre, puisqu’ils ne sont pas maîtres de leur existence, la devant nécessairement à un être a se, qui est Dieu. Ces remarques sont à la base de l’une des démonstrations de l’existence de Dieu. Pour détruire la distinction fondamentale et irréductible entre êtres contingents, ou ab alio, et l’Être nécessaire, a se, qui est Dieu, il suffit bien-sûr de détruire le principe de non-contradiction, mais, ce faisant, c’est l’homme tout entier que l’on détruit, puisqu’il lui est aussi indispensable que la boussole au navigateur.
[60] Marcel Lobet, Le feu du ciel, introduction à la littérature prométhéenne, La renaissance du livre, 1969, pp. 110-111.
[61] C’est la prière que récitent du matin au soir les médisants, même lorsqu’ils ne nomment personne en particulier : « Avez-vous remarqué, Mme X, le nombre d’obèses ne cesse d’augmenter ! ». Et Mme X de répondre : « C’est affreux ! ». Puis en chœur (mais en silence) : « Dieu merci, nous ne sommes pas comme ça, nous ! ».
[62] Nous ne parlons pas ici de celles qui ne veulent pas voir.
[63] Cette accélération est parfaitement
logique : une fois la résistance de la Chrétienté vaincue, le peuple
paganisé change de camp et défend « les acquis » de la
Révolution : « liberté de conscience », « droits de
l’Homme », ...
[64] Est-il l’un des wire-pullers dont nous parlons ? A quelque titre, bien-sûr, mais il
est aussi un wire-pulled. Où s’arrête
la pyramide ? Nous nous garderons bien de répondre à cette question, mais
on peut imaginer qu’à partir d’un certain niveau, la sujétion à Lucifer doit
être telle que le prince de ce monde peut diriger son staff sans intermédiaires.
[65] From the Shadows, par
Robert Gates, Simon and Schuster. (Note du N. O.)
[66] Zbigniew Brzezinski vient de publier le Grand Echiquier, Bayard Editions. (Note
du N. O.)
[67] Peste de Toulon en 1721. Cf. le récit scabreux qu’en fait l’hégélien Jacques d’Hondt in Hegel secret, PUF, 1968, pp. 185 sqq.
[68] Il va de soi qu’il peut néanmoins être indispensable - et même parfois héroïque - de dénoncer nommément tel ou tel acteur de la subversion, mais ceci n’a aucun rapport avec ce contre quoi nous mettons en garde et qui est la critique permanente de « tout ce qui bouge », attitude qui ressortit d’ailleurs à l’activisme (cf. infra).
[69] On pourra lire à cet égard (et à d’autres), Vladimir Volkoff, Dictionnaire du politiquement correct, Editions du Rocher, 2001.
[70] Contre les catholiques fidèles s’entend, pas
contre les erreurs, qu’ils se mettent naturellement à ignorer, voire à
défendre. Ils fréquentent d’ailleurs plus volontiers les temples officiels que
les garages où se déroule encore le Saint Sacrifice de la Messe : c’est
plus convenable quand on est un notable.
[71] Qui en doute est invité à lire ou relire Romantisme et révolution, Nouvelle
Librairie Nationale, Paris, 1922, p. 91 sq. (apologie d’Auguste Comte.)
[72] Le C.E.C. de 92 « parle » bien, disent-ils, de « sacrifice » à propos de la nouvelle messe. De sacrifice, oui, mais seulement de louange, jamais de sacrifice propitiatoire, qui est pourtant une composante essentielle de la messe. Le mot « messe » est d’ailleurs la plupart du temps soigneusement évité : il n’y a pas d’entrée à ce mot dans le C.E.C. de 1992 !
[73] Cf. le site http://www.lesamisdulundi.com/, ses
soutiens et les liens vers les sites amis.
[74] La question des rapports du catholicisme et de « l’extrême-droite » est aussi fondamentale à bien comprendre que complexe. On ne peut l’aborder dans ce bref survol, bien que certaines de ses données figurent dans la présente étude. Si on devait la résumer en quelques mots, on pourrait dire qu’il s’agit d’un phénomène de confusion, à la fois provoquée et spontanée. Une telle étude devrait d’ailleurs commencer par étudier le terme - lui-même et avant tout un hot word - et regarder s’il désigne ou non un ou plusieurs concepts. On verrait alors que, comme tout le vocabulaire de la Révolution, ce terme relève de l’amphibologie (comme « liberté », « égalité », etc.) et il apparaîtrait pour ce qu’il est : une arme de guerre. Cependant, la différence entre provoquée ou spontanée est mince (cf. supra l’interview de Brzezinski).
[75] Imitation de Jésus-Christ, Livre. III, Chap.
LIV.
[76] Mt 15, 13.
[77] C’est nous qui soulignons.
[78] In Le
retournement, Vladimir Volkoff, Julliard / L’Age d’Homme, 1979, p. 154-163.
Nous réitérons les réserves que nous avions formulées sur cet auteur de talent
dans la note 1 de notre article précédent (in supplément au n°47, « de
la désinformation. »)
[79] Quand comprendra-t-on que la notion même de parti politique est, en soi,
révolutionnaire et dialectique ?
[80] Evidemment, il faut respecter la législation de son pays en matière d’assurances obligatoires. Mais il ne faut pas imaginer que l’on parviendra a s’assurer contre tout, y-compris la maladie (par les vaccins, la prévention obsessionnelle, etc.) ; on pense ainsi se jouer de Dieu et échapper à sa férule, mais c’est Lui qui se joue de nous en nous rattrapant là où on ne l’attend pas !
[81] Groupement Agricole d'Exploitation en Commun. Même si cette forme sociale est souvent un peu détournée de sa vocation initiale pour faciliter les successions, le principe coopérateur n’en subsiste pas moins.
[82] Cette obéissance a des limites. 1°/ Vis à vis des autorités civiles : « On n'est tenu d'obéir aux princes séculiers que dans la mesure requise par un ordre fondé en justice. Et c'est pourquoi, si les chefs ont une autorité usurpée, donc injuste, ou si leurs préceptes sont injustes, leurs sujets ne sont pas tenus de leur obéir, sinon peut-être par accident, pour éviter un scandale ou un danger. » (S.T. IIª-IIae q. 104 a. 6 ad 3). D’une manière générale la question de l’obéissance est traitée dans la Somme dans la IIª-IIae q. 104 ad 105. 2°/ Vis à vis d’un pape douteux : Cf. encyclique de Paul IV cum ex apostolatus.
[83] Seul le Pape est infaillible, et encore seulement sur la foi et la morale et en tant qu’il s’adresse à l’Église universelle (de manière ordinaire ou extraordinaire).
[84] Selon les normes de l’Université révolutionnaire (subjectivisme, matérialisme athée, évolutionnisme, etc.).
[85] Sur Comenius, voir par exemple Epiphanius, Maçonnerie et sectes secrètes ; le côté caché de l’histoire, Éditions du Courrier de Rome, Courrier de Rome BP 156, 78001 Versailles Cedex, pp. 55 sqq.
[86] Il ne s’agit sûrement pas de nier la
distinction réelle de la grâce et de la nature, et ainsi de ruiner le
christianisme et finir par tomber dans le panthéisme ! Néanmoins, la nature doit être rehaussée par la grâce, et il ne s’agit pas d’alterner dans
la journée les moments de pure
« nature » pendant lesquels nous ne différerions point des
païens et des moments « de grâce » supposée où, par exemple, nous
réciterions des prières. Il s’agit d’illuminer en permanence par une vie
surnaturelle l’exécution des choses les plus matérielles et les plus
grossières. Ajoutons que l’Église n’est pas sans ressources pour traiter
chrétiennement de l’ordre naturel, et qu’elle n’a nul besoin de recourir aux
écrits du panthéiste pratique que fut Maurras. Même, s’il s’est, dit-on,
converti in extremis. Oremus pro eo.
[87] On trouvera le tableau complet à la fin de
l’article.
[88] Une rapide recherche sut l’Internet permettra au lecteur de se faire une idée de la nature réelle de cette occupation.